“ Il faut se rendre d’abord à des autels qui ne soient pas souillés de sang (car il n’est pas permis d’immoler une victime animée) ; célèbres-y par des vers le Soleil qui brille au loin et la Terre immense, la Terre aux fécondes mamelles, nourrice de toutes choses. Puis il faut jeter dans le feu qui pétille et faire fondre cette pierre qui par la seule odeur apprivoise les dragons. Ceux-ci, voyant la fumée qui s’élève, se pressent autour de l’autel ; ils sortent en rampant de leurs demeures souterraines et regardent attentivement. ”
Pseudo-Orphée
Résumé
"LES PIERRES", attribué à Pseudo-Orphée, est un texte ancien explorant les vertus mystiques des pierres et leur rôle dans les rites divins. Ce recueil, mêlant hymnes et consignes, célèbre les échanges entre humains et dieux (Phébus, Mercure, Jupiter) à travers des pratiques sacrées, des offrandes et des remèdes.
Les pierres, symboles de défense et de force, agissent comme intermédiaires entre le monde terrestre et les immortels. Le texte met l'accent sur la purification, la fumée et la métamorphose, illustrant une cosmologie où la nature inanimée est imprégnée de forces occultes. Son style poétique et ésotérique révèle une vision du monde où la pierre, à la fois fragile et indestructible, incarne la sagesse divine.
Citations de LES PIERRES. (Pseudo-Orphée)
“ Quant à nous, exilés sur la terre, Mercure nous ordonne de vivre heureux de nos biens et sans nous abandonner à des passions méchantes. Que celui des hommes prudens qui désire descendre dans l’antre merveilleux de Mercure, où sont déposés les amas de tous les biens, rentre aussitôt dans sa maison, les deux mains pleines de ces présens inestimables qui chassent bien loin toutes les souffrances. Désormais nulle maladie ne l’attaquera dans sa maison ; il échappera toujours à la colère impuissante de ses ennemis et reviendra dans sa demeure toujours fier de la victoire. ”
“ Lorsqu’il répandra ses prières aux pieds des immortels, elles parviendront de suite à leurs oreilles bienveillantes. Il verra devant lui s’abaisser la mer tourbillonnante. Les voleurs implacables fuiront devant lui, même quand il cheminera seul, et ses serviteurs le vénéreront comme leur père et chériront la maison de leur maître. Quand il voudra savoir, il connaîtra toutes les pensées les plus occultes que les hommes cachent dans leur esprit ; il comprendra tous les cris que jettent dans le ciel les prophètes ailés de Jupiter, les oiseaux dont les chants annoncent l’avenir. ”
