“ Il fait gronder son tonnerre, et à ce bruit formidable répondent aussitôt la terre, le ciel, la mer, les flots de l’Océan, les profondeurs du Tartare. Sous les pieds immortels de Zeus tressaille le grand Olympe, tandis que se lève son roi ; la terre gémit ; la mer azurée s’échauffe tout entière aux feux dont s’arment les deux combattants, ceux de la foudre et des éclairs, ceux que vomit le monstre ; tout bouillonne, et la terre, et le ciel, et la mer ; sur ses rivages bondissent avec furie les flots soulevés par l’approche des deux divinités ; un long ébranlement agite la nature. ”
Hésiode
Résumé
"La Théogonie", poème de Hésiode, relate l'origine des dieux et l'organisation cosmique dans la mythologie grecque. L'œuvre dépeint la lutte entre les Titans, commandés par Cronos, et les nouvelles divinités, chefs de l'Olympe, notamment Zeus, dont la victoire établit l'ordre céleste. Les Muses, source d'inspiration, y jouent un rôle central.
À travers des images puissantes de tonnerre, de flots et de foudre, Hésiode explore les rapports entre humains, immortels et forces naturelles, structurant ainsi la genèse du cosmos. Ce récit, fondé sur une tradition orale, synthétise les origines mythiques et les hiérarchies divines.
Citations de La Théogonie. (Hésiode)
“ Ainsi charment dans l’Olympe le cœur de Zeus ces divinités de l’Olympe que Zeus fit naître, que dans la Piérie lui donna Mnémosyne, souveraine des coteaux fertiles d’Éleuthère, ces filles de la déesse de mémoire, qui font oublier les maux et calment la douleur. Zeus, durant neuf nuits, avait visité leur mère, montant, loin du regard des immortels, dans sa couche sacrée ; et, quand l’année s’approcha de son terme, que les mois furent accomplis, que les jours marqués arrivèrent, elle mit au jour neuf vierges, qu’un même esprit anime, le cœur libre de soucis, sans autre soin que de chanter. ”
“ Là ont leurs demeures le Sommeil et la Mort, ces enfants de la sombre Nuit, dieux puissants que jamais le brillant Hélios n’éclaire de ses rayons, soit qu’il monte dans les cieux, soit qu’il en descende. L’un est favorable aux humains ; il parcourt d’un vol paisible la terre, la vaste mer, pour leur verser ses doux présents. L’autre enferme dans sa poitrine une âme de bronze, un cœur d’airain ; on ne peut lui ravir celui des mortels qu’il a choisi pour victime ; c’est l’ennemi même des immortels. ”
