“ La nymphe Styx, fille de l’Océan, eut de son union avec Pallante le Zèle et la Victoire, la Puissance et la Force, illustres enfants. Ce n’est pas loin de Zeus que sont leurs palais et leurs trônes ; toujours ils siègent aux côtés, partout ils marchent à la suite du dieu qui fait gronder la foudre. Ainsi s’accomplirent les prudents conseils de Styx, l’immortelle Océanide, le jour où, sur les sommets de l’Olympe, le maître de l’Olympe, dieu aux flamboyants éclairs, convoqua tous les immortels. ”
Styx
Définition et enjeux
Le Styx, fleuve mythique des Enfers, incarne la frontière entre le monde des vivants et celui des morts dans la tradition grecque. Hésiode le représente comme une nymphe divine, mère des forces célestes, tandis qu'Émile Gebhart le décrit comme une frontière infranchissable pour les mortels.
Friedrich Schiller, en revanche, en fait un symbole de l'amour victorieux, traversant ses "neuf contours". D’Alembert, dans l’Encyclopédie, souligne son rôle rituel dans les serments des dieux. Ces interprétations, mêlant mythologie, poésie et philosophie, mettent en lumière la richesse du Styx, qui relie le mythe à l’imaginaire collectif.
Citations sur “Styx”
Émile Gebhart,
Un Pélerinage aux sanctuaires du Paganisme - L’Olympe et le Styx
“ L’entrée de l’enfer est cette ouverture même de la montagne qui reçoit le Styx ; mais il n’est permis à aucun mortel d’y descendre ni à aucune âme d’en sortir. Aussi le vieux mythe n’apprenait-il aux Grecs que peu de chose sur les destinées des morts. ”
Friedrich Schiller,
Poésies de Schiller
“ Hélas ! nul pont ne réunit ces rivages éloignés, nul bateau ne va de l’un à l’autre ; mais l’Amour a su trouver son chemin, il a su pénétrer dans les détours du labyrinthe ; il donne l’habileté à celui qui est timide, il asservit à son joug les animaux féroces, il attelle à son char les taureaux fougueux. Le Styx même, avec ses neuf contours, n’arrête pas le Dieu hardi : il enlève une amante aux sombres demeures de Pluton. ”
Hésiode,
Poètes Moralistes de la Grèce
“ Là enfin fait son séjour une divinité odieuse aux immortels ; c’est la redoutable nymphe Styx, fille aînée de l’Océan, ce fleuve dont le courant revient sur lui-même. Elle s’y tient, loin des dieux, dans un palais superbe, dont de hauts rochers forment le faîte, et que, de tous côtés, élèvent vers le ciel des colonnes d’argent. Parfois arrive en ces lieux, après avoir effleuré dans sa course le dos de la plaine liquide, la fille de Thaumas, la rapide Iris, chargée d’un message de Zeus. ”
Jean le Rond d’Alembert,
L’Encyclopédie, 1re éd.
“ STYX, s. m. (Mytholog.) étoit fille de l’Océan & mere de l’Hydre de Lerne, selon les poëtes, qui la changerent ensuite en fleuve d’enfer. Le Styx, dit Virgile, se repliant neuf fois sur lui-même, tient les morts pour toujours emprisonnés. Le serment par les eaux du Styx faisoit trembler les dieux même ; Jupiter, avec toute sa puissance, n’osoit y contrevenir. Quand les dieux, dit Hésiode, osoient jurer par le Styx, ils devoient avoir une main sur la terre & l’autre sur la mer. ”
Nicolas Boileau,
Oeuvres poétiques de Boileau Despréaux
(1887)
“ Vous croyez que du Styx, de l'Achéron peindre les noirs torrents, serait mieux. Permettez-moi de vous dire que vous avez en cela l'oreille un peu prosaïque, et qu'un homme vraiment poète ne me fera jamais cette difficulté, parce que de Styx et d'Acheron est beaucoup plus soutenu que du Styx, de l'Achéron. ”
Eugène Muller, Grands souvenirs historiques..… (1902)
“ Styx, d'après le poète Hésiode, était une nymphe ou divinité des eaux, fille d'Océan et de Téthys. Quand les Titans déclarèrent la guerre à Jupiter, Styx; qui avait révélé la conjuration au maître de l'Olympe,- alla le secourir avec ses quatre enfants, parmi lesquels se trouvaient la Force et la Victoire, qui agirent si bien que les envahisseurs furent terrassés. Le maître des dieux, voulant reconnaître ce dévouement, prit au ciel avec lui les enfants de Styx ”
Sénèque le Jeune,
Tragédies de L. A. Sénèque
“ Plus d’une fois tu as dompté le maître de la foudre, et le dieu qui règne sur le sombre empire, qui tient le Styx et la foule innombrable des morts sous sa puissance. Dieu d’amour, montre-toi plus terrible que la marâtre d’Hercule, triomphe de ce héros, et prends cette victoire à toi seul réservée. ”
Hilaire-Bernard de Longepierre,
Médée tragédie en cinq actes et en vers
“ Tisiphone avec moi reste seule en ces lieux. Noire fille du Styx, Furie impitoyable, 945 Ah ! Cesse d’attiser mon courroux effroyable ; Calme de tes serpents les affreux sifflements. Tu ne peux ajouter à mes ressentiments. Ne songe qu’à servir une fureur si grande. Hécate le désire, et je te le commande ! 950 Nuit, Styx, Hécate, Enfers, terribles Déités J’ordonne. Obéissez, sourdes Divinités ! ... Le charme a réussi, poursuivons ma vengeance. Scène III Médée, Rhodope. MÉDÉE Viens, Rhodope ; mon art ne craint plus ta présence. Le charme est consommé. ”
Jean de La Fontaine,
Fables de La Fontaine
“ À couvert des voleurs, mais non de l’onde noire : Tous deux au Styx allèrent boire ; Tous deux, à nager malheureux, Allèrent traverser, au séjour ténébreux, Bien d’autres fleuves que les nôtres. Les gens sans bruit sont dangereux : Il n’en est pas ainsi des autres. ”
“ La terre pesante et l’onde qui s’enfuit, Le Styx, les bas-fonds de l’horride Ténare, Et l’Atlas, borne du monde, au bruit Tout s’ébranla. Ce dieu, d’un humble lare, Peut faire un palais ; il abat l’impudent, Élève l’obscur : telle fière couronne, La Fortune, avec un cri strident, L’arrache ici, là d’un souris la donne. ”
Émile Gebhart,
Un Pélerinage aux sanctuaires du Paganisme - L’Olympe et le Styx
“ Il n’est pas nécessaire de porter en soi des préoccupations d’archéologue et de lettré, il suffit d’être homme pour éprouver, à la vue de ces deux tableaux incomparables de la nature, des émotions qu’on n’oubliera jamais. Les paysans de l’Arcadie, qui ne connaissent plus même le nom du dieu de leurs pères, Hermès, guide et ange gardien des morts, regardent encore comme une terre de malédiction ce défilé du Styx, où ne pousse pas un brin d’herbe. ”
“ Place sur un rocher, au haut d'une montagne, la jeune fille, pompeusement parée pour un funèbre hymen. N'espère point un gendre issu d'un sang mortel, mais un monstre affreux, cruel et implacable, qui, porté sur des ailes à travers l'espace, sème le trouble en tous lieux, promène partout le fer et la flamme, qui fait trembler Jupiter même, qui est l'effroi des dieux, et devant qui le fleuve ténébreux du Styx recule d'épouvante. ”
Sénèque le Jeune,
Tragédies de Sénèque/1863
“ Il est libre de tout esclavage, celui qui méprise les dieux frivoles, qui voit sans trouble les affreux rivages du Styx et de l'Achéron. Il est l'égal des rois et des habitants de l'Olympe, le hardi mortel qui ose mettre un terme à sa vie. ”
José-Maria de Heredia,
Les Trophées
“ Avant tout, le Chaos enveloppait les mondes Où roulaient sans mesure et l’Espace et le Temps ; Puis Gaia, favorable à ses fils les Titans, Leur prêta son grand sein aux mamelles fécondes. Ils tombèrent. Le Styx les couvrit de ses ondes. ”
Adolphe Méliot, La divine comédie (1908)
“ Les premiers grouillent à la surface du Styx, les autres restent au fond de l'eau, enfoncés dans la vase d'où s'échappe, en bulles, qui viennent crever à la surface, l'hymne dont ils gémissent les paroles, interrompues à chaque mot par la fange qui pénètre dans leur gorge comme un perpétuel gargarisme. Ces derniers, en parlant de l'épaisse fumée qui les attrista sur la Terre, rappellent la qaaedam tristitia aggravans et les vaporationes tristes et melancholiae de Damascène et de Saint Thomas définissant la colère latente. ”
Pierre Louis Ginguené, Histoire littéraire d'Italie (2…
“ Toutes les parties de son corps, excepté la tête, ont des ouvertures, d'où coulent des larmes qui filtrent jusqu'au centre de la terre, forment les fleuves des Enfers, l'Achéron, le Styx, le Phlégéton et, jusqu'au plus profond du gouffre, se réunissent dans le Cocyte, le plus terrible de tous. ”
Alfred de Musset,
La Confession d’un enfant du siècle
“ Tu feuilletais des livres morts ; tu es trop jeune pour les ruines. Regarde autour de toi ; le pâle troupeau des hommes t’environne. Les yeux des Sphynx étincellent au milieu des divins hiéroglyphes ; déchiffre le livre de vie ! Courage, écolier, lance-toi dans le Styx, le fleuve invulnérable, et que ses flots en deuil te mènent à la mort ou à Dieu. ”
Émile Gebhart,
Un Pélerinage aux sanctuaires du Paganisme - L’Olympe et le Styx
“ Le sentiment très arrêté de la peur de la mort répondit, dans l’esprit des plus anciens Grecs, à la profonde impression d’effroi religieux qu’ils éprouvèrent en vue du paysage désolé du Styx, et ceux qui, dans cet horrible vallon, songeaient aux splendeurs de l’Olympe, où même les meilleurs d’entre les hommes ne devaient pas monter, protestèrent sans doute par la plainte douloureuse qu’à tous les âges de son développement la poésie grecque renouvela contre la durée éphémère et les destinées tragiques des hommes, contre le bonheur égoïste et l’ironique injustice des dieux. ”
Victor Bérard, De l'origine des cultes arcadiens… (1894)
“ Toute cette légende est véritablement sortie des épithètes de la déesse, AY) U.T5TÏ) P 'Lima MÉXaiva : l'eau du Styx était mortelle pour les hommes et les animaux ; elle rongeait toutes les matières, verre, cristal, pierre, terre ou métal; elle ne pouvait être contenue que dans des vases en corne de cheval (2) . Le serment par le Styx est le plus terrible qu'un Dieu même puisse faire : Zeus jure par TO xaTEiëdu-Evov S-ruyoç 8Swp (3) ; Cléoménès, voulant s'attacher les chefs arcadiens, les emmène au bord du Styx, et les fait jurer par cette eau (4) . ”
Jean le Rond d’Alembert,
L’Encyclopédie, 1re éd.
“ Pausanias auroit dû tenir le même langage de toutes les prétendues dissolutions qu’il vient de raconter, mais il faut pourtant convenir que le Styx inspire de l’horreur. C’est d’abord un gros torrent qui descendant du Tricara, passe dans trois gros villages de Wlaqs, & forme enfin un étang fort vilain. La description que les poëtes en font, n’a rien d’aussi surprenant que ce qu’il présente aux yeux de ceux qui le considerent. ”
Nicolas Bergier,
Oeuvres complètes de Bergier : augmentées d'un grand nombre d'ouvrages inédits…
(1855)
“ Pallas et Slyx produisirent l'Ardeur bouillante et la Victoire, la Force et la Valeur. Tous ces personnages étant purement allégoriques, il n'est pas convenable d'en chercher l'origine dans l'an- cienne histoire de la Grèce, comme Leclerc s'obsUne à le faire. Rien n'est plus mal entendu à la vérité que de faire naître de Styx , fontaine d'un froid mortel, ziiloç, l'Ardeur bouillante ”
Minucius Félix, Les Pères de l’Église
“ Cette chevelure épaisse et rougeâtre, qu’ils assemblent et portent sur le devant de la tête, annonce la guerre, par sa couleur farouche et éclatante comme celle du sang. Ces deux peuples barbares ont une égale horreur du luxe. Le fleuve glacé où le Germain se baigne, et le char grossier qu’habite le Scythe, en sont d’irrécusables témoins. Le Scythe même quelquefois dédaigne d’habiter ses chars. Son cheval lui sert de maison ; il y monte, et en un instant se transporte partout où il lui prend envie d’aller. Un grand courage, une vie frugale, sont ses uniques richesses. ”
“ L’aile qui m’emportera, poëte revêtu d’une autre forme, à travers l’æther liquide, ne sera ni vulgaire, ni faible ; et je ne resterai pas plus longtemps sur la terre ; et, plus grand que l’envie, Je quitterai les villes. Je ne mourrai point, moi qui suis né de pauvres parents, moi que tu nommes ton ami, Mæcenas, et l’onde Stygianne ne me retiendra point. Voici déjà que de rudes peaux couvrent mes jambes, que le haut de mon corps se change en cygne blanc, et que des plumes poussent sur mes doigts et mes épaules. ”
Amédée Thierry,
Histoire des Gaulois (1/3)
“ Les Scythes, chassés par les Massagètes des steppes de la haute Asie, vinrent fondre comme une tempête sur les bords du Palus-Méotide et de l'Euxin: ils avaient déjà passé l'Araxe (le Volga) , lorsque les Kimmerii furent avertis du péril; ils convoquèrent toutes leurs tribus près du fleure Tyras (le Dniester) , où se trouvait, à ce qu'il paraît, le siège principal de la nation, et y tinrent conseil. Les avis furent partagés: la noblesse et les rois demandaient qu'on fît face aux Scythes, et qu'on leur disputât le sol; le peuple voulait la retraite; la querelle s'échauffa; on prit les armes ”
Walter Scott,
Le Comte Robert de Paris
“ Les voyageurs aperçurent en cet endroit une troupe de Scythes païens qui présentaient tous les traits difformes des démons que ces peuples adoraient, dit-on. C’étaient des nez plats avec de larges narines qui semblaient permettre à l’œil de voir jusque dans leur cerveau, des faces plus larges que longues avec des yeux singuliers et sans intelligence fort éloignés l’un de l’autre ; enfin, des tailles de nains, avec des jambes et des bras d’une force étonnante, disproportionnés à leurs corps. ”
Philarète Chasles,
Revue des Deux Mondes
“ Lord Steyne venait de dîner à la cour ; il portait l’ordre de la Jarretière et des boucles de diamant, et c’était chose singulière que le mélange d’élégance suprême et de redoutable laideur qui le caractérisait. Il avait les épaules larges, la poitrine musculeuse, le pied charmant et délié dénotant la race, les jambes torses comme un basset et la main admirable. Rawdon et lord Southdown revinrent de l’Opéra et se mirent à la table de jeu. — Voilà votre berger, dit tout bas lord Steyne à Rébecca. — Oh ! il ne s’occupe pas de son troupeau ; il n’aime que les cartes. ”
François-René de Chateaubriand,
Chateaubriand : textes choisis et commentés…
(1912)
“ Libre comme l'oiseau de ses déserts, le Scythe, reposé à l'ombrage de la vallée, voyait se jouer autour de lui sa jeune famille et ses nombreux troupeaux. Le miel des rochers, le lait de ses brebis suffisaient aux nécessités de sa vie ; l'amitié, aux besoins de son cœur. Lorsque les collines prochaines avaient donné toutes leurs herbes à ses brebis, monté sur son chariot couvert de peaux, avec son épouse et ses enfants, il émigrait à travers les bois au rivage de quelque fleuve ignoré, où la fraîcheur des gazons et la beauté des solitudes l'invitaient à se fixer de nouveau. ”
Amédée Thierry,
Histoire d'Attila et de ses successeurs…
“ Avouons aussi que, soit en Scythie, soit ailleurs, personne n'a jamais accompli de plus grandes choses en moins de temps: maître de la Scythie entière, jusqu'aux îles de l'Océan, il nous a rendus ses tributaires, et voilà qu'il couve encore de plus grands desseins, et qu'il veut entreprendre la conquête des Perses239.--Des Perses! interrompit un des assistants; mais quel chemin peut le conduire de Scythie en Perse240?--Un chemin fort court, reprit Romulus. Les montagnes de la Médie ne sont pas éloignées des tribus extrêmes des Huns; ceux-ci le savent bien. ”
Sébastien-Roch Nicolas de Chamfort,
Fables de La Fontaine. Tome 2
(1825)
“ FABLE XX. Le Philosophe scythe. Un philosophe austère, et né dans la Scythie, Se proposant de suivre une plus douce vie, Voyagea chez les Grecs, et vit en certains lieux Un sage assez semblable au vieillard de Virgile 1, Homme égalant les rois, homme approchant des dieux, Et, comme ces derniers, satisfait et tranquille. Son bonheur consistoit aux beautés d'un jardin. Le Scythe l'y trouva qui, la serpe à la main, De ses arbres à fruit retranchoit l'inutile, Ebranchoit, émondoit, ôtoit ceci, cela, Corrigeant partout la nature Excessive à payer ses soins avec usure. ”
“ « Croyez-moi : Tu as un sou, tu ne vaux qu’un sou ; sois riche et tu seras considéré. Ainsi moi, votre ami, qui n’étais qu’un ver de terre, me voilà roi. En attendant, Stichus, apporte-nous les vêtements funéraires dans lesquels je veux être enseveli ; apporte-nous aussi les parfums et un échantillon de cette amphore dont je désire qu’on arrose mes os. » LXXVIII. OU TRIMALCION DONNE A SES INVITÉS UN AVANT-GOUT DE SES FUNÉRAILLES Stichus ne fut pas long. Il rapporta dans la salle à manger une tunique blanche et une robe prétexte. ”
Adolf Erik Nordenskjöld, Voyage de la "Vega" autour de l'Asie et de l'Europe… (1883-1885)
“ Ils n'ont guère de troupeaux, le pays manquant de pâturages. - Jusqu'à cette peuplade chauve, on connaît actuellement assez bien la contrée et les nations qui l'habitent, car quelques Scythes les jréquentent, et il n'est pas difficile d'obtenir des informations, soit d'eux, soit des Grecs du port du Borysthène et des autres ports du Pont-Euxin. Ceux des Scythes qui se rendent chez les Grecs ont besoin pour leurs affaires de sept interprètes, parlant sept langues différentes. Jusque-là on sait quelque chose; plus loin personne n'est en état de rien dire avec certitude. ”
Gustave Planche,
Revue des Deux Mondes
“ Sténio, conduit par Trenmor, qui l’a surpris dans l’épuisement d’une orgie, Sténio interroge Magnus sur le fruit de ses abnégations. Le moine, effrayé, répond au désespoir par le doute. Sténio, convaincu sans retour de l’impuissance et de la folie des désirs humains, retourne à Dieu pour lui demander raison de sa raillerie. ”
“ Les habitants du pays m’ont dit qu’il avait été fait de pointes de flèches ; que leur roi Ariantas, voulant savoir le nombre de ses sujets, commanda à tous les Scythes d’apporter chacun une pointe de flèche, sous peine de mort ; qu’on lui en apporta en effet une quantité prodigieuse, dont il fit faire ce vase d’airain, qu’il consacra dans le lieu qu’on appelle Exampée, comme un monument qu’il laissait à la postérité. Voilà ce que j’ai appris de la population des Scythes. LXXXII. La Scythie n’a rien de merveilleux que les fleuves qui l’arrosent ”
