Pierre Mille,
Trois femmes
(1920)
“ Amanda l’ignore, mais ce souvenir la hante. Si c’était vrai ?... Si c’était vrai ? Elle n’éprouve plus cette épouvante de la mort qui assombrit les hommes, à l’heure même de leurs plus grandes joies, et demeure éternellement à leurs côtés. Son âme est apaisée, tranquille : elle sait ce qu’elle a à faire.Pas une minute, toutefois, elle ne songe à se précipiter dans le fleuve. Elle a pensé, en le contemplant, qu’il serait doux, qu’il serait définitif et consolant de mourir, sans se douter même que cette fluidité la conseille. Ce n’est pourtant pas un désir, c’est un besoin. ”

