Résumé

Portrait de Pierre Mille Pierre Mille Le bol de Chine; ou, divagations sur les beaux-arts (1919)

La face des modèles est un mensonge : le peintre n’en tire qu’un faire-semblant.
— Mais, fis-je, il y a d’autres peintres que ceux-là.
Je faisais allusion à ceux qui s’efforcent au contraire de rendre les effets les plus fugitifs des spectacles de la nature, ces nuances si rares qu’une fois fixées sur la toile elles ont quelque chose de surprenant et que le commun des hommes dit : « Est-il bien sûr que cela existe ? », tandis que d’autres en sont émus comme d’un accord inusité qui leur déchire les nerfs en les abîmant de volupté.
Source : Gutenberg

Portrait de Pierre Mille Pierre Mille Le bol de Chine; ou, divagations sur les beaux-arts (1919)

Il n’y a qu’Isadora qui danse, voilà tout. Une femme fait sur un plateau, devant ces rideaux gris, couleur de chat de Siam, des pas qui ne sont même point des pas de danse, qui n’appartiennent à aucune danse connue ! Est-ce donc suffisant ? Mais elle s’effile, mais elle grandit, mais ses pieds se rapprochent, et ses hanches se gonflent et ses bras s’unissent : c’est une amphore qui danse, une amphore qui bondit, pleine de vin !
Source : Gutenberg

Portrait de Pierre Mille Pierre Mille Le bol de Chine; ou, divagations sur les beaux-arts (1919)

Et je ne parle pas de ceux qui font des bras trop longs ou des jambes trop courtes pour donner l’impression de ce qu’ils disent être un symbole. Je ne parle pas de ceux qui font des cubes de couleur, et qui les superposent, comme des enfants qui font un jeu de patience. Je ne veux voir que ceux-là, les meilleurs. Ils ne cherchent pas la vérité, ils ont une manière, et s’imitent perpétuellement, en s’affaiblissant chaque fois, parce qu’ils suivent leur manière, et non pas la vérité. O pureté, noblesse, éternité du vrai dans le dessin !
Source : Gutenberg

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