Résumé

Portrait de Léo Larguier Léo Larguier Le dimanche avec Paul Cézanne… (1925)

Un matin, le maître m'annonça qu'il avait invité un peintre, et je vis arriver un militaire du 55e de ligne qui tenait garnison à Aix.
Il avait une barbe noire et des yeux graves. C'était Charles Camoin.
Il était gentiment ému, comme un jeune homme qui a l'honneur d'être reçu par un vieil artiste qu'il admire, et le repas fut charmant, cordial et gai.
Louis Aurenche, qui faisait alors un stage dans un bureau de l'enregistrement, partageait avec nous ce déjeuner et Cézanne avait pour lui une vive affection.
On n'en était pas encore au rôti, que le vieillard se leva et disparut.
Source : Gallica

Portrait de Léo Larguier Léo Larguier Le dimanche avec Paul Cézanne… (1925)

Le haut chapeau aux poils rebroussés de Goya était posé sur un cabinet espagnol, et une duchesse ôtait sa robe dans son atelier qu'elle emplissait de tous les parfums de la Maja desnuda... Au retour d'un voyage en Orient, Delacroix, en frac irréprochable, passait à son cou une cravate rouge à laquelle pendait une étoile d'émail et d'or, et se rendait ainsi à un gala des Tuileries... Tous ont vécu, fastueux, pauvres, puissants et tourmentés, mais s'il n'y avait pas la peinture dans la vie de Paul Cézanne, il n'y aurait rien.
Source : Gallica

Portrait de Léo Larguier Léo Larguier Le dimanche avec Paul Cézanne… (1925)

Ce fut là que Cézanne rencontra Cabaner, un de ses admirateurs de la première heure.
« Cabaner était un très brave homme, un peu poète, un peu musicien, un peu philosophe. Il n'est que trop vrai que la fortune ne l'avait pas favorisé : mais il n'était jaloux de personne, si forte était sa croyance en son génie de musicien. Son sentiment intime n'en était pas moins que la destinée, dans son injustice, ferait de lui un méconnu. C'était de bonne grâce qu'il en avait pris son parti. « Moi, — aimait-il à répéter, — je resterai surtout comme philosophe. »
Source : Gallica

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