Jacques-Émile Blanche

Jacques-Émile Blanche

Résumé

Portrait de Jacques-Émile Blanche Jacques-Émile Blanche Propos de peintre : de David à Degas… (1919)

Les cheveux de l'enfant, fondus comme la croupe des chevreuils de Courbet, les verts de jade et les blancs laiteux de la jupe sont d'une matière dont les pigments ne sauraient se désagréger, et sa pâte unie est du cristal.
Quel repos, quelle sobriété, quel goût sûr!
Whistler sait ce que la nature permet à l'homme de reproduire avec quelques poudres. « Vouloir rivaliser avec le soleil est absurde », disait-il, et il a écrit quelque part: « Quand le vent souffle d'est et que le Palais de
Cristal étincelle, l'artiste ferme les yeux et rentre dans son atelier. »
Source : Gallica

Portrait de Jacques-Émile Blanche Jacques-Émile Blanche Propos de peintre : de David à Degas… (1919)

On peut tout faire admettre par un homme dont le métier est de juger un art qu'il n'a pas pratiqué. Les littérateurs se plaisaient à suivre Fantin rêvant en compagnie de Berlioz, Wagner, Schumann, ou se promenant en pleine mythologie, sans quitter la rue des Beaux-Arts, et croyaient humer la fumée de sa familiale bouilloire à thé, dans les ciels argentés de ses théophanies. Oui, certes, ces tableautins étaient bien de Fantin-Latour, par l'exécution, parfois aussi par la couleur; c'étaient les visions d'un romantique attardé, troublant les nuits de ce peintre trop prudent.
Source : Gallica

Portrait de Jacques-Émile Blanche Jacques-Émile Blanche Propos de peintre : de David à Degas… (1919)

Ricard, dans un sombre rez-de-chaussée de Montmartre, mélange les huiles et les siccatifs, compose des tons de préparation et des glacis, d'après des recettes retrouvées du XVIe siècle. Il fait peu poser et peint sans relâche après le départ du modèle, corrigeant, effaçant les traces trop vulgaires du travail d'après nature; la séance continue dans la solitude; le peintre suit son idée et s'égare comme dans un labyrinthe où nul gardien ne le dirigera vers l'issue, en cas de découragement; il revient sur ses pas, parcourt des kilomètres, harassé, en pure perte.
Source : Gallica

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