Portraitisme

Définition et enjeux

Portrait de Edmond About Edmond About,  Le Salon de 1868

“ III Savez-vous pourquoi l’art du portrait se soutient mieux dans notre décadence que la peinture d’histoire ? C’est que le portrait par lui-même est une école hors de l’école. On y travaille d’après le modèle, et non de mémoire ou d’imagination. On n’y peut pas improviser, il faut recommencer, corriger, parfaire, jusqu’à ce qu’on arrive au moins à la ressemblance ; or il n’y a pas de ressemblance sans un peu de dessin. Dans l’école dont il s’agit, tout le monde est professeur, le modèle, ses parens, ses amis, les passans, les fournisseurs, les domestiques. ”
Source : Wikisource

Ernest Gebaüer,  Les Beaux-arts à l'Exposition universelle de 1855 (1855)

“ Ses portraits sont trop.
des portraits. On sent dans chacun de ses personnages la fixité de regard, l'immobilité de traits d'un être qui pose. En avant de ces jeunes femmes, dont les yeux sont dirigés vers moi, je me représente, en imagination, le peintre faisant sa besogne.
Le portrait ne doit pas être compris ainsi. Il faut
saisir les gens dans l'attitude la plus naturelle, et leur donner l'air de visage qu'ils ont à tous les moments de la vie, non une pose et une physionomie de convention.
”
Source : Gallica

Victor Litschfousse,  Les quatre vieilles : roman fiscal (1937)

“ Ainsi quand on a longuement contemplé un portrait, si le hasard vous place devant la personne qui a servi de modèle, on retrouve, au premier abord, tous les traits du tableau ; puis, à mesure que jouent les tics, les rictus, les mille déformations du visage qui sont la vie même, l'immobilité du portrait éloigne la ressemblance, la recule dans le passé, l'ensevelit dans les minutes qui s'effeuillent, en fait, comme l'au-delà de la personne même qui s'agite devant nous. ”
Source : Gallica

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