Résumé

André Michel Notes sur l'art moderne : [peinture… (1896)

Un jour qu'il revenait avec des amis d'une promenade à la campagne, quelqu'un montrant à l'horizon occidental un effet du couchant — rouge et or — s'écria : « On dirait un Whistler! — Oui, reprit-il paisiblement, la nature commence à observer! » Se faire peindre par lui, c'est s'absorber en lui, c'est devenir un des éléments, souvent le plus infime, de l'harmonie qu'il rêve d'exprimer, — et la chose en vaut quelquefois la peine. Voyez Lady E. Vous chercheriez en vain à démêler la forme exacte de son visage, le dessin de ses traits. Elle n'est qu'une tache dans une harmonie brun et or.
Source : Gallica

André Michel Notes sur l'art moderne : [peinture… (1896)

J.-F. MILLET 1
I
Jamais les liens vivants qui unissent l'œuvre à l'homme et le talent à l'âme ne se sont révélés avec une plus intime évidence. Avant qu'on ait pensé à s'informer de ses moyens, à analyser ses procédés préférés, à suivre l'allure habituelle de sa main, on est déjà pénétré de sa pensée, attiré et dominé comme par l'entretien d'une parole grave, un peu lente, pleine de certitude, de tendresse et d'autorité. « Malheur, disait-il un jour, malheur à l'artiste qui montre son talent avant son œuvre. Il serait bien plaisant que le poignet marchât le premier. »
Source : Gallica

André Michel Notes sur l'art moderne : [peinture… (1896)

Le rôle du peintre est de nous les montrer, d'en dégager l'évidence aux yeux mal informés des hommes, d'en condenser sur un morceau de toile rectangulaire les caractères essentiels, les harmonies et l'émotion. Il n'a pas besoin, pour y réussir, de pâlir sur les traités d'esthétique et d'apprendre par cœur les définitions de l'agréable, du joli, du beau et du sublime; il lui suffira, si d'ailleurs il est armé de toutes pièces et
connaît à fond son métier, de regarder la nature et la vie et d'écouter son cœur.
Source : Gallica

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