“ DE LA POLITESSE On commence peut-être à apercevoir que la civilisation se reconnaît à ce calme du visage et du corps, qui s’oppose si bien à l’agitation des enfants, lorsqu’ils font des mines par timidité. Et songez qu’il n’est pas poli de rire, si l’on ne sait pas ou si l’on ne peut pas dire de quoi l’on rit. Ici nous saisissons la vraie politesse, qui est bien loin de flatterie et bassesse, et qui consiste à ne dire que ce que l’on dit et à n’exprimer que ce que l’on veut. Montrer de l’étonnement malgré soi, de la pitié malgré soi, de la gaîté malgré soi, c’est toujours impoli. ”
Résumé
Alain explore dans Système des Beaux-Arts les fondements philosophiques et esthétiques des arts plastiques, musicaux et littéraires, en mettant l'accent sur leur rôle dans l'expression des émotions et la quête de la forme. À travers des réflexions sur la peinture, la sculpture, la musique et le rythme, il souligne l'importance de la matière comme point de départ de l'art, ainsi que la nécessité d'une structure capable de dominer les impulsions spontanées.
L'ouvrage, publié dans un contexte où les arts sont en pleine évolution, propose une vision rigoureuse de leur fonction : fixer l'essence humaine en la purifiant, tout en rejetant la superficie. La citation sur la "parure de l'œuvre" révèle une pensée où la beauté n'est jamais qu'une nécessité façonnée par l'artisan.
Citations de Système des Beaux-Arts (Alain)
“ Aussi le court moment où deux natures, dans le silence des signes, se saisissent mutuellement, mais pour se cacher l’une à l’autre et se tromper aussitôt, soi et l’autre, par les signes de l’amour et de l’amitié, ce court moment n’est que le premier moment de la contemplation picturale. La première inquiétude, car tout être humain tremble devant le sentiment, la première pudeur enfin est aussitôt réduite par cette peinture ferme, où les illusions du dessin sont d’abord dominées, aussi qui ne change point par nos émotions, qui promet d’être la même, et fixe l’amour sans le borner. ”
“ L’histoire de tous les arts se développe de chef-d’œuvre en chef-d’œuvre à travers des erreurs de goût continuelles et incompréhensibles. Toutefois il en sort un enseignement assez clair, c’est qu’un art trop libre s’égare toujours. On dirait bien que l’art est la parure de l’œuvre, et que toute œuvre est d’artisan. Car il est clair que la liberté n’est point hors des œuvres ; et, comme on fait de nécessité vertu, ainsi fait-on de nécessité ornement et beauté. En bref il faut toujours qu’une forme saisisse et enferme quelque chose. ”
“ Il me semble donc que le chemin de la musique conduit toujours de la rêverie à l’action ou, si l’on veut, de la tristesse à la foi ; je dis la foi et non l’espérance ; car l’espérance cherche des secours hors d’elle, au lieu que la foi se jette dans l’aventure forte d’elle seule, et déliée de toutes les craintes ; et il semble que la musique purifie mieux que la poésie, ramenant toujours le mouvement des passions au mouvement qui les guérit ; la musique est donc expression pure, si l’expression annonce toujours que l’esprit s’est encore une fois sauvé. ”
“ DE LA MATIÈRE Puisqu’il est évident que l’inspiration ne forme rien sans matière, il faut donc à l’artiste, à l’origine des arts et toujours, quelque premier objet ou quelque première contrainte de fait, sur quoi il exerce d’abord sa perception, comme l’emplacement et les pierres pour l’architecte, un bloc de marbre pour le sculpteur, un cri pour le musicien, une thèse pour l’orateur, une idée pour l’écrivain, pour tous des coutumes acceptées d’abord. Par quoi se trouve défini l’artiste, tout à fait autrement que d’après la fantaisie. ”
“ Laissons donc aux sophistes de sculpture ces orbites creuses où l’imagination trouve ce qu’elle veut. Dire que la sculpture est mal pourvue pour exprimer l’amour, la colère, la menace, l’envie, c’est trop peu dire. Elle vise plus loin. Elle affirme la forme humaine, que les passions nous cachent. Fille d’architecture, maîtresse à son tour. La beauté est toujours impassible. Le laid, dans un visage humain, c’est la trace des mouvements passagers, usurpatrice. Rien ne déplaît plus que ces visages expressifs qui n’expriment rien, comme on voit dans un ivrogne, ou un idiot. ”
“ Toujours est-il que ce rythme par lui-même évoque une assemblée d’hommes en marche, un concert, une solennité. L’humain déjà détaché de nous par la règle des sons et de l’accent, prend vie et mouvement par le rythme. Ainsi la poésie est pour une foule toujours ; et aussitôt que le poète a fait un beau vers, la gloire lui revient comme un écho ; un bon récitant s’acclame. C’est pourquoi un beau poème se suffit à lui-même et ne demande jamais approbation. Aussi la flatterie et la timidité en vers ne se conçoivent point, ni l’envie de plaire. Cette nuance limite déjà les thèmes du vrai poète. ”
“ Telle est la première prise de la peinture, et ce n’est pas peu. La sculpture nous laisse plus libres, et nous conseille seulement ; la pensée règle ici l’attention, choisit l’heure et le point, domine enfin les apparences. Au lieu que, devant la peinture, c’est l’apparence qui nous saisit et nous arrête. Ce saisissement qui vient du dehors est une émotion déjà ; ainsi les nuances du sentiment contenu sont en quelque sorte invitées ; l’homme est aussitôt occupé de soi ; il s’interroge en face de cette apparence qui attend tout de lui, forme, vie et pensée. ”
“ C’est là une sorte d’écriture ; et plus d’un dessin mieux étudié est gâté souvent par un besoin de tout dire, qui vient de ce que l’on veut représenter l’objet même tel qu’on le pense, et non point l’apparence telle qu’on la voit. Le dessin, art vif, et qui saisit l’instant, se limite, par sa nature même, non seulement à ce qu’il voit, mais même à ce qui, dans ce qu’il voit, exprime le mieux l’instant. En quoi il s’oppose à la peinture, qui, tout au contraire, cherche une nature, et non l’accident. C’est pourquoi le peintre dispose d’abord son modèle et met en lumière les signes de nature. ”
“ Et, par une réaction naturelle, puisque le sentiment appelle le sentiment, il y a toujours quelque chose de mystique dans un beau portrait. Souvent à la lettre, comme l’art religieux l’a fait voir ; mais le lyrisme y est toujours, qui grandit l’amour profane, l’ambition, la mélancolie, et jusqu’à la frivolité. Bien loin donc que ce soit le mérite d’un portrait de ressembler au modèle, c’est plutôt l’honneur du modèle de ressembler à l’œuvre. Par quoi les dons de l’amour sont symbolisés, car l’amour fait être ce qu’il aime. Aussi l’amour maternel est le modèle préféré du peintre. ”
“ LA FORCE COMIQUE On peut se moquer de tout et rire de tout. Je dis d’un rire sain et libre, sans aigreur, sans tristesse, sans la moindre trace de méchanceté. Je veux considérer ici, afin de ne pas m’égarer, l’innocente et belle figure de Molière et cette prose sans grimaces. Une âme pure, si ce n’est celle d’un enfant ou d’une nonne, est une âme qui a surmonté le médiocre en elle ; car les passions nous tiennent tous, mais un jugement fort se secoue et s’échappe, laissant les passions accomplir leur cours mécanique. ”
“ La nature ne fait pas de croix ; ces angles égaux sont le signe de l’homme. Ce signe porte de belles légendes, mais il est directement vénérable. C’est le signe tout nu, où la volonté éclate ; c’est le signe qui n’annonce rien que lui-même ; aussi rappelle-t-il l’homme à l’homme. Toutes les grandes idées se terminent là, et l’image du juste crucifié n’y ajoute rien ; le signe parle plus haut. Dans la solitude, mieux ; rustique, mieux. Parmi tant de supplices, celui-là a vaincu par le signe. On aperçoit en quel sens il y a un langage naturel des monuments. ”
“ La vraie musique, comme chacun peut voir en considérant les œuvres qu’il préfère, réagit au contraire contre ce langage naturel et presque animal. Comme elle ramène le corps à une majesté tranquille, ainsi elle ne garde jamais de la passion que ce mouvement royal par lequel l’esprit s’en retire ; il semble que, par la musique, tout soit toujours déjà passé et dépassé, pardonné, repris enfin en meilleur ordre et en humain recueillement. Que cela soit d’un moment et surhumain je ne le nie pas ; je sais assez que l’homme est au-dessous de la musique. ”
“ Le génie comique est encore plus loin de ce que les imprudents veulent appeler le réel et la vie, oubliant que le réel humain est voulu, et que la vie n’est jamais une chose faite. Aussi n’est-il point vrai que la comédie peigne mieux les mœurs et la société en un moment, que la tragédie ne peut le faire. La grande comédie est comme aérienne ; toute sa vérité est d’esprit, non de corps et de mots, non d’actions et de costume. On ne remarque pas assez que la grande comédie est dans la réplique seulement, et se passe même de ce petit nombre d’actions dont la tragédie permet du moins le récit. ”
“ Ce vieux mythe exprime bien la loi du rythme, qui ramène ainsi et entraîne de belles images du fond des abîmes, mais toujours derrière lui, et sans s’arrêter jamais. Ainsi le mouvement poétique est comme une ruse du conteur, qui détourne de soumettre à l’épreuve de l’attention ses images sans corps. Quand le langage mesuré nous porte aussitôt d’une image à l’autre, l’attention n’y donne qu’un regard ; et ce n’est que par souvenir et regret heureux qu’on les tient ; c’est ce qui fait dire qu’un grand poète évoque les choses. ”
“ La grâce exprime donc toujours un rapport de société ; c’est pourquoi la grâce dans un portrait dit beaucoup. La grâce est une conversation muette, apprêtée et libre, où les surprises ne sont que de jeu. Le difficile, on le comprend, est de ne pas aller jusqu’à la grâce niaise ou vide, ce qui ressemble à parler sans rien dire de peur de choquer. Il faut toujours de la force dans la grâce, et, si l’on peut, de la profondeur. Ce qui est hors de doute c’est qu’il n’y a point de profondeur sans la grâce en soi et autour. ”
“ Mais le plus libre de tous les arts est sans doute l’art de la conversation, où l’on n’est même pas retenu par les nécessités de syntaxe, ni par les mouvements de l’écriture. C’est alors, par cette dangereuse liberté, par l’attention aussi toujours tournée vers soi, que l’improvisation éveille le tumulte du corps, la tension, la rougeur, les signes, dont le résultat serait enfin une sottise sans mesure et d’amers regrets, si la politesse ne limitait d’avance les conversations à des lieux communs, et encore selon une forme convenue. ”
“ La plus ancienne poésie s’est réglée sur cet inflexible mouvement, avec cette loi essentielle de ne faire sentir la peur, l’amour, la pitié, que pour les dominer aussitôt ; aussi le rythme épique n’attend pas. C’est pourquoi l’épopée n’admet que des repos rares et va d’un pas toujours égal ; de là vient aussi que l’épopée d’imitation, qui cherche à plaire, tombe si bas. Il y faut une simplicité intrépide. Au reste aucun poète ne parle de lui-même autant que l’on croit, ni autant qu’il le croit. ”
“ Aussi le rire brave tout. Il y a une belle vengeance dans le rire, contre le respect qui n’était pas dû. C’est le plus bel accord du jugement et de la vie. Rien ne réconcilie mieux l’esprit et le corps ; car, dans les mouvements du sublime, le corps est toujours timide un peu. C’est pourquoi il est profondément vrai que le rire est le propre de l’homme, car l’esprit s’y délivre des apparences. Aussi il y a un art de faire rire en étalant des apparences d’un moment, et qui reviennent, mais sans solidité aucune. ”
“ Penser, c’est déposer ce masque de signes, le rendre aux choses ; reprendre forme. La pure pensée est rare et d’un court moment ; non point courte, car elle vaut sans durée ; mais assaillie toujours, comme un promontoire. Et ce mouvement pour reprendre forme est la vraie vie humaine, comme vous comprendrez si vous observez un orateur, un acteur, un chanteur ; et même le bavard se cherche ainsi un petit moment ; mais la peur du silence et du repos le jette en d’autres discours. Ainsi la pensée naturelle ressemble à ces hommes d’état qui tout en écoutant répondent à plusieurs. ”
“ Le propre du dessin, par quoi il s’oppose aussi bien à la peinture qu’à la sculpture, c’est de se passer de matière. C’est pourquoi il y a une beauté du dessin, indépendante du modèle, et même de toute forme d’objet ; un dessin est beau comme une écriture est belle. On y lit au clair la possession de soi, et cette profonde politesse qui mesure les gestes, mais vivifiée par l’esprit qui décide. Cette force sans passion, et qui parle à l’esprit seulement, est la parure de l’artiste ”
“ La majesté habite tout le corps. Tel est l’équilibre du nu sculpté qu’il n’y a plus de centre, mais que chaque partie obéit à toutes. Ainsi ces beaux marbres expriment l’accord de la pensée et de la nature, et la plus belle vertu ; le moindre fragment en témoigne encore. On dit communément que le nu est toujours chaste, pourvu qu’il soit beau ; mais il vaut mieux dire que le nu est beau pourvu qu’il soit chaste. Cela suppose qu’un sage gouvernement de soi y soit visible, et que même les mouvements du visage soient étrangers aux passions. ”
“ Dans le récit pur, tout est égal, petits et grands événements, bonheur et malheur ; d’où résulte un repos contemplatif, et la vision en même temps de beaucoup de choses, sous l’idée d’un passé dont les conséquences ne peuvent plus être éprouvées par personne. De ce mouvement, si éloigné de toute poésie et de toute éloquence, résulte une force, une égalité des images, et une position hors du monde, en sorte qu’à la simplicité du récit répond une sorte de majesté du lecteur. C’est sans doute le secret du style biblique, bien périlleux à imiter parce que toute majesté vivante est fragile. ”
“ En quoi rien n’est artifice, mais plutôt le peintre va droit à son œuvre, et présente ce visage humain avec fraise et perruque, montrant ici non son impuissance, mais sa puissance. C’est à quoi il est conduit, comme est le sculpteur, et l’architecte, et le musicien, et le poète, par les nécessités du métier, même les plus humbles, pourvu qu’il les accepte. Et c’est par là que l’œuvre d’art participe à la nécessité et à l’existence. ”
“ Et même, ainsi qu’il a été dit déjà, une belle œuvre met fin à ces rêveries aériennes, et parle d’autre façon. De même un beau roman n’est pas plus beau lorsque l’on connaît l’événement et les personnages que l’écrivain a pris pour modèles. Seulement il y a plus de ressemblance peut-être entre un mauvais dessin et un bon qu’entre un bon et un mauvais roman, car le langage des formes est plus près de l’art que le langage des mots. Il n’est pas inutile d’expliquer pourquoi, avant d’aborder l’étude de l’art le plus caché peut-être, et le dernier venu dans l’histoire humaine. ”
“ L’art d’aimer suppose cette grâce-là ; et les amitiés qui en sont privées ont toujours quelque chose d’aride. La grâce est donc une confiance échangée, comme entre les gymnastes qui comptent l’un sur l’autre. L’aisance va moins loin que la grâce ; elle affirme plus et donne moins ; il se peut même que l’aisance effraye le timide, ce que la grâce ne fait jamais. Le sourire fait partie de la grâce ; mais non pas le sourire voulu, qui n’est qu’un expédient de sagesse, et qui précède la paix du corps. Le sourire de la grâce suit au contraire la paix du corps ”
“ La vie serait donc l’objet premier du peintre. Et l’on oserait même dire, avec d’autres mots, que c’est le bonheur qui anime toutes les célèbres peintures, ou bien la jeunesse des passions, même chez le tyran, l’avare ou le mélancolique. C’est pourquoi le peintre est toujours plus près du vrai, s’il sait peindre, que le moraliste ou le romancier, toujours conduit, ou presque toujours, à l’instable ou à l’impossible, parce qu’il ne peint point les passions avec les couleurs de la vie. Et les passions d’autrui sont souvent comme un mot pris au hasard dans un livre. ”
“ Même sans cet artifice, un roman suppose toujours quelque personnage auquel le lecteur s’identifie, réfléchissant, agissant, rêvant avec lui, sans mensonge possible. La vallée est toujours vue par Félix ; nous ne savons pas comment madame de Mortsauf la voit, et nous ignorons encore plus les perspectives, les projets et les rêveries du comte. Ainsi, à bien regarder, un roman n’est jamais un spectacle où tout serait objet agissant ou parlant ; c’est toujours le tableau d’une vie intérieure, j’entends individuelle, et telle que chacun ne connaît naturellement que la sienne. ”
“ Au lieu qu’un homme vivant ne saura pas se tenir en repos à la manière d’une statue, et surtout s’il est regardé. C’est un mouvement naturel d’agir pour cacher sa pensée aux autres, disons pour se la cacher à soi-même. La société n’est donc que le royaume des ombres. Il fallait ces témoins de pierre, naïvement inventés par le sculpteur, pour montrer l’homme à l’homme, par silence et solitude. Remarquez qu’il y a bien de l’indifférence dans une statue. Un portrait peint peut avoir de la coquetterie, et se défendre par le regard ; une statue ne voit personne. ”
“ Même dans le visage féminin, cette attente reposée a de la majesté et de la force. Au contraire, quelque considération que l’on ait pour un caractère, nous n’y trouverons jamais un homme, mais une situation toujours. Hélas, la beauté alors est loin ; le pli des affaires, grandes ou petites, la déshonore. Observez que, d’un beau visage, vous ne pouvez jamais dire quel métier il fait. Et dans les tempêtes des choses comme dans les tempêtes humaines, le retour de la beauté est sublime, parce qu’elle signifie alors directement une puissance d’un autre ordre, et un dieu au dedans. ”
“ Sans doute le bas-relief et les figures des médailles, qui appartiennent à l’architecture, furent d’abord l’œuvre du temps. Et il est vrai que le temps orne les beaux édifices, en dénudant la forme durable, et offre ainsi ces beaux modèles, hors desquels l’art architectural ne peut rien. Le génie humain n’a donc qu’à reconnaître ici le beau de ses propres œuvres. Même les vieilles maisons subissent par le poids des années un tassement qui offre de belles lignes et la forme utile en même temps. C’est par là que le scrupule de l’artisan égale le génie. ”
“ DE LA DANSE AMOUREUSE Outre que les scènes d’amour, quand elles sont laissées à l’instinct et aux passions, troublent profondément le spectateur, elles sont naturellement inquiétantes pour une femme qui n’est pas folle d’orgueil ou de colère. Mais les signes de l’amour sont plaisants à regarder, pourvu qu’en éveillant les passions, en même temps ils les composent et les modèrent. L’amour éclaire le visage et apaise par les images de la confiance et du bonheur. ”
“ On pourrait dire qu’il y a deux manières de s’accorder à d’autres, dont l’une est de suivre la mélodie et de se fier à son propre talent ; c’est la moins parfaite. L’autre, plus libre malgré l’apparence, est de s’accorder à l’autre comme pour une danse, et d’improviser, si l’on peut dire, avec lui. Je crois que l’improvisation en duo, trop peu pratiquée, est le vrai moyen de parvenir à la sonorité parfaite, plus rare encore que la justesse, parce qu’elle tient compte des nuances, de l’accent, et du corps même de la voix. ”
