Eugène Guillaume

Résumé

Eugène Guillaume Le salon de 1879

Mais l’idéal pathétique auquel l’âme de l’artiste s’identifie, pour lequel sa personnalité s’anéantit, c’est la vie, la passion, la mort de l’homme de Dieu, l’amour divin.
Les siècles s’écoulent, et notre personnalité, toujours inquiète, se lasse de son abnégation. Elle porte son activité sur le théâtre de la vie humaine. L’artiste, incapable de se satisfaire dans un état qui l’isole de la société et de lui-même, pénètre dans le monde, mais ne s’y établit que sur un terrain transitoire où l’idéal tient sa place, intimement mêlé qu’il est encore au sentiment religieux.
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Eugène Guillaume Le salon de 1879

Et encore, la lumière elle-même n’est-elle pas impassible : brillante ou obscurcie, joyeuse ou triste, elle apporte à la peinture un élément de passion. Là où il n’y a ni expression, ni lumière, soyez-en certain, la peinture n’existe pas. Mais si, dans la sculpture, il n’y a pour ainsi dire point de degré, et s’il est difficile de la concevoir autrement que comme un art élevé, dans la peinture la diversité des objets auxquels le talent s’applique établit des distinctions et une hiérarchie ; et il y a un mode de la peinture qui s’appelle le grand art.
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Eugène Guillaume Le salon de 1879

Le marbre est travaillé avec un talent supérieur : il y a de la passion dans le faire comme dans la pensée. Les formes, accentuées à l’aide d’un ciseau dentelé, sont ici mates, et là comme lustrées, lorsque les muscles sont tendus et que la peau roule sur les os et sur les tendons. L’épiderme est partout ; l’artifice est extrême. Le jugement ne reste pas un moment indécis, car le talent est tel que rien n’en altère l’expression ; le marbre est couvert d’un réseau de veines, et cependant rien ne trouble ni l’aspect, ni le modelé de la statue.
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