Résumé

Portrait de Antoine Étex Antoine Étex Essai d'une revue synthétique sur l'Exposition universelle de 1855… (1856)

A New-York, qui est l'Athènes, le Paris des États-Unis, comme l'appellent les Yankees, il n'y a pas un seul monument digne d'attirer l'attention d'un connaisseur, bien que l'on y compte des églises et des édifices particuliers et publics par centaines. Et pourtant l'or ruisselle de toute part : ou, pour mieux dire, le crédit, le commerce, le papier-monnaie brassent des millions, des affaires colossales par chaque minute de ce peuple fiévreux d'affaires au point de ne pas se donner le temps de vivre. Le loisir n'existe pas aux États-Unis; plus un homme est riche et plus il est occupé.
Source : Gallica

Portrait de Antoine Étex Antoine Étex Essai d'une revue synthétique sur l'Exposition universelle de 1855… (1856)

Aussi l'artiste, éperdu dans cette société bardée de fer et d'or, préfère-t-il la vie du sauvage avec sa poésie, ses femmes vêtues de leurs parures naturelles, leurs charmants enfants si expressifs avec leurs beaux yeux noirs et leur teint bruni par le soleil, aux Yankees en habit noir, tous taillés sur le même patron, et aux affreuses carapaces de fer, de fil de laiton et de baleines, baptisées de l'affreux nom de crinoline, des dames américaines.
Source : Gallica

Portrait de Antoine Étex Antoine Étex Essai d'une revue synthétique sur l'Exposition universelle de 1855… (1856)

Lorsqu'un homme ou une femme en arrive là, on ne peut nier que l'un ou l'autre ne soit moralement, profondément malheureux ; une larme, un voile de deuil jeté sur les victimes, n'adouciront pas nos regrets ; c'est à cette vieille société égoïste, sans solidarité, sans liens sympathiques que nous jetterons l'anathème ; et comme en résumé l'art est la plus vive expression de cette société, l'Exposition nous servira pour la juger sévèrement, pour liquider dans l'art son funeste passé.
Source : Gallica

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