Georges Lafenestre

Georges Lafenestre

Résumé

Portrait de Georges Lafenestre Georges Lafenestre Revue des Deux Mondes

En répétant tout bas : « Ave, Marie, Ave ! »
La guerrière, d’un bond, sur ses armes s’élance,
Et relevant l’enfant douce, d’un geste prompt,
Haletante, le sein tout battant d’espérance :
« Je ne suis pas Marie, et c’est lui faire affront
De s’incliner devant sa chambrière indigne!
Pourtant la même fleur de vierge est à mon front,
Et, comme elle, c’est Dieu qui m’appelle et désigne
Pour une œuvre plus humble, au prix de tout mon sang :
J’en accepte la peine, et l’honneur et le signe ! »
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Portrait de Georges Lafenestre Georges Lafenestre Revue des Deux Mondes

M. Jean Veber exerce, lui, notoirement, la profession, périlleuse pour un peintre, d’avoir des idées bizarres, mais, du moins, il l’exerce en peintre. L’Homme aux poupées n’est qu’un fou ; l’artiste ne l’est pas. C’est d’une main assez vive qu’il exhibe un détraqué déjà mûr, romantique ou décadent, exsangue et distingué en son habit noir, tenant conversation intime avec une marionnette de poète lauré d’or dont il presse le ventre, tandis que d’autres marionnettes, dont il connaît déjà le vide, saintes ou déesses, jonchent son divan et son tapis.
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Portrait de Georges Lafenestre Georges Lafenestre Revue des Deux Mondes

Cette fois le peintre ému se montre, dans un chef-d’œuvre, l’égal du savant ouvrier ; cette fois, il a mis dans l’expression du Christ toute son âme, comme il a mis tout son talent dans la facture, avec la même simplicité mâle et tendre. La douleur est aussi profonde, noble et contenue, dans cette tête béante, aux yeux clos, que la majesté est douce dans ce beau corps affaissé. Nous voulions un exemple de grand style, en voici un, nous pouvons nous y tenir. Nous n’en trouverons point d’autre de cette valeur dans aucune œuvre religieuse ou historique.
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