Robert de la Sizeranne

Résumé

Robert de la Sizeranne Revue des Deux Mondes

Voilà, naïvement exprimée, l’idée du Salon Carré. Il y a des œuvres qui, du consentement universel, dominent toutes les autres et qu’on aime à revoir avant toutes.
C’est ici la profession de foi d’un artiste poète, plus poète encore qu’artiste et plus dilettante que créateur. C’est le passant qui, traversant le Carrousel, sait trouver, là-haut, une oasis de la pensée et de la sensation, où toutes les vulgarités de la vie sont transposées en merveilles d’art, où le présent se tait, où le passé parle, où nulle beauté ne trompe, ne change, ni ne meurt.
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Robert de la Sizeranne Revue des Deux Mondes

Le visage habituel des artistes anglais, qu’ils peignent l’antiquité ou les temps modernes, la paysanne ou la grande dame, est bien reconnaissable à son air de santé, de vigueur, de régularité, de vie fraîche et rose, de grâce à demi souriante ou de bouderie, ou de joie contenue. Les visages de Rossetti ne sont pas souvent gais, mais toujours beaux. La douleur ne va jamais jusqu’à les déformer. Pas plus que les lutins du rire ne tirent vers le ciel les coins de la bouche, du nez et des sourcils, les démons de la douleur n’abaissent trop violemment ces traits vers la terre.
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Robert de la Sizeranne Revue des Deux Mondes (1897)

Sur les hauteurs d'une ville industrielle et riche, laide et enfiévrée, dans un ciel enfumé par l'émanation d'un travail insalubre et inutile, voici qu'un désir exaspéré de richesses, d'honneurs, de bruit et d'ascension sociale soulève la foule en une poussée fratricide, en une sorte de pyramide humaine, s'écrasant et se ruant, s'écroulant et se réédifiant, tour à tour, mais montant, montant toujours au prix de la paix, au prix de la beauté, au prix de la vie, vers la Fortune dorée qui, là-haut, passe et fuit au-dessus des mains vides et tendues.
Source : Gallica

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