Robert de la Sizeranne

Résumé

Robert de la Sizeranne Ruskin et la religion de la beauté

Ce que la lettre de la science tue, l’esprit de l’Art le vivifiera. Et l’esprit de l’Art, c’est tout simplement l’Amour, l’admiration naïve, passionnée, satisfaite de ce que les yeux voient, ne cherchant pas plus à l’approfondir qu’à l’embellir. En disant que « tout grand art est adoration », Ruskin entend que l’artiste doit à la Nature non seulement de la chercher avec amour, mais de l’aborder avec respect, et qu’il doit respecter non seulement ses formes et ses couleurs, mais encore son plan d’ensemble et jusqu’en toutes choses et en toutes formes d’art, son dessein.
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Robert de la Sizeranne Ruskin et la religion de la beauté

La Beauté n’est donc ni dans un idéal d’une part, ni dans la nature dénaturée que copient les réalistes de l’autre, mais bien dans la Nature naturelle et si nous ne trouvons plus aisément cette Nature aujourd’hui, si les figures humaines qui nous entourent sont toutes ternies « par l’opération visible et instante du péché invaincu », eh bien, appelons-en non à un rêve, mais à une réalité, à une réalité passée, à un souvenir des temps heureux où l’homme fort, pur, lumineux et confiant, marchait parmi des paysages splendides qu’il n’avait eu le temps ni de détruire, ni d’insulter.
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Robert de la Sizeranne Ruskin et la religion de la beauté

Et reproduire les poulpes qu’elle cache au fond des eaux sombres, les os qu’elle cache au fond des chairs opaques, les mouvemens qu’elle dissimule par la rapidité avec laquelle ils sont exécutés, en un mot montrer, en toute chose, l’aspect qu’elle a dissimulé à nos yeux, ce n’est nullement la suivre ni lui être fidèle, — c’est la trahir. Or toute trahison se paye et la Nature ne se donne pas, avec sa beauté, à l’artiste qui l’a interrogée sans respect et dépouillée sans amour. Elle se donne à qui l’a aimée.
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