Résumé

Auguste Bougot Essai sur la critique d'art : ses principes…

Le critique doit être capable, tout d'abord, de discerner ces nuances infinies par lesquelles l'artiste fait passer la forme, que ce soit la lumière, la couleur ou le son. Connaîtra-t-on tout le mérite d'un paysage, si l'on n'a pas vu, dans la nature, ou si l'on ne distingue que confusément dans l'oeuvre d'art comment la lumière se réfléchit sur les objets, comment elle s'assourdit ou se colore en glissant sur telle ou telle surface, comment les reflets perdent ou gagnent de leur valeur, suivant la profondeur ou la légèreté des ombres ?
Source : Gallica

Auguste Bougot Essai sur la critique d'art : ses principes…

Si l'esthétique la plus sévère reconnaît à la peinture le pouvoir de représenter « la pensée tantôt appliquée à un objet précis, tantôt plongeant dans les profondeurs mêmes de l'infini », si elle peut rendre, sans faire violence aux matériaux qu'elle met en oeuvre, jusqu'à l'enthousiasme et l'extase, à plus forte raison est-elle dans son droit quand, par le spectacle des affections les plus pures, elle cherche à nous communiquer le sentiment d'une paix et d'une joie inaltérable. De tous les états de l'âme, il n'y en a point peut-être qui assure un triomphe plus complet à la peinture
Source : Gallica

Auguste Bougot Essai sur la critique d'art : ses principes…

La critique, au contraire, jouit de la plus grande liberté : le moindre objet sorti de la main d'un artiste, pourvu qu'il porte le caractère d'une pensée ou d'une volonté désintéressée (car ce qui n'est qu'utile ne concerne plus l'art) , peut appeler l'attention de la critique ; de plus, sans donner trop à ses préférences individuelles, sans être autorisé à suivre son caprice, l'homme de goût, qui juge une oeuvre isolée, n'a pas besoin de se ranger à l'opinion reçue : à la rigueur même, son
devoir peut être de la combattre et de faire ainsi la leçon à l'histoire.
Source : Gallica

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