Résumé

Henry Jouin Conférences de l'Académie royale de peinture et de sculpture (1883)

L'art est l'interprétation de la nature. L'artiste choisit dans le poème divin dont a parlé Platon quelques-unes de ces syllabes brillantes, jetées à profusion par le Créateur, et l'artiste les fait siennes : syllabes de lumière s'il est peintre, d'élégance et de force s'il est sculpteur, d'ordre et de majesté s'il est architecte, de nombre et de mélodie s'il est musicien. C'est cette forme, c'est ce vêtement somptueux et rayonnant dont
l'artiste pare sa pensée comme d'une pourpre royale, qui appelle devant son œuvre des générations éblouies.
Source : Gallica

Henry Jouin Conférences de l'Académie royale de peinture et de sculpture (1883)

« Je traite le marbre en ennemi qui me cache ma statue », s'écrie l'auteur du Moise. Et ailleurs : « Combien il plaît, quand on sait le juger, cet art sublime, qui, saisissant à la fois les traits et les attitudes, nous offre dans des membres de cire, ou de terre, ou de marbre, un être presque animé ! Qu'un chef-d'œuvre de l'art vienne à être mutilé ou détruit, sa beauté première revit dans la pensée où elle ne s'est pas fixée en vain. »
— « Tout ce qu'un grand artiste peut concevoir, dit-il encore, le marbre le renferme. »
Source : Gallica

Henry Jouin Conférences de l'Académie royale de peinture et de sculpture (1883)

Si l'idée d'un auteur ne va plus loin que ses productions, il est difficile qu'il puisse corriger ses défauts et ajouter de nouvelles beautés à ses ouvrages. Le plus habile est toujours le plus timide. Qui est le peintre jaloux de sa gloire qui ne demeure pas étonné, peut-être même effrayé, à la vue d'une superficie plate ou d'une toile nue sur laquelle il doit créer tant de choses diverses? Faire paroître ce qui n'est point? Former des corps sans matière et des corps qu'il doit rendre vivants
par la force d'un génie heureux et abondant?
Source : Gallica

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