Henry Jouin

Élements biographiques

Henry Jouin,  Esthétique du sculpteur (1876)

“ Pendant qu'il travaille l'argile de ses doigts fiévreux, usant peu de l'ébauchoir, encore moins de l'échoppe, l'artiste suit amoureusement les ondulations de la forme. Sous le galbe d'une chair vivante, il a soin d'indiquer sans affectation le jeu complexe des muscles.
Il ne laisse rien au hasard.
Tout ce qu'il sait, il l'applique. Ses observations personnelles sur l'attitude, le geste, le mouvement, lui reviennent à l'esprit. L'œil subtil, l'âme aimantée vers un idéal qu'il sent planer au-dessus de lui, la science et l'art se fondent dans sa main dont la puissance est doublée.
”
Source : Gallica

Henry Jouin,  Conférences de l'Académie royale de peinture et de sculpture (1883)

“ L'art est l'interprétation de la nature. L'artiste choisit dans le poème divin dont a parlé Platon quelques-unes de ces syllabes brillantes, jetées à profusion par le Créateur, et l'artiste les fait siennes : syllabes de lumière s'il est peintre, d'élégance et de force s'il est sculpteur, d'ordre et de majesté s'il est architecte, de nombre et de mélodie s'il est musicien. C'est cette forme, c'est ce vêtement somptueux et rayonnant dont
l'artiste pare sa pensée comme d'une pourpre royale, qui appelle devant son œuvre des générations éblouies.
”
Source : Gallica

Henry Jouin,  Jean Gigoux

“ J’en appelle aux amis de Gigoux. L’art, comme les lettres, a ses classiques. La peinture a ses dieux. Ce sont eux que l’on doit mettre à proximité de l’œil et de la main, si vraiment on est soi-même épris du divin. L’homme de pensée qui aspire à être créateur ne veut voir dans les choses créées que celles qui se rapprochent de l’infini. La nature ne se révèle complètement à nous que quand nous l’observons des sommets. Seuls, les grands maîtres murmurent à l’âme du peintre l’éternel Excelsior. ”
Source : Wikisource

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