Henry Jouin

Résumé

Henry Jouin Esthétique du sculpteur (1888)

Ah! celui-là seulement pourra gouverner d'autres âmes, qui aura su fonder l'empire du bien dans la sienne. Celui-là seulement sera le vrai maître de la matière, si son âme s'est assouplie sous sa volonté droite et généreuse, s'il a été l'artiste de son être moral en se sculptant lui-même à la ressemblance de Dieu, selon la belle maxime de Plotin : « Nous devons sculpter en nous, par nos œuvres, notre propre statue à l'image de l'idéale beauté; seulement alors, nous aurons le droit et la puissance de la sculpter plus tard dans les âmes ou sur le marbre. » Voilà ce que c'est que l'art.
Source : Gallica

Henry Jouin Esthétique du sculpteur (1876)

Pendant qu'il travaille l'argile de ses doigts fiévreux, usant peu de l'ébauchoir, encore moins de l'échoppe, l'artiste suit amoureusement les ondulations de la forme. Sous le galbe d'une chair vivante, il a soin d'indiquer sans affectation le jeu complexe des muscles.
Il ne laisse rien au hasard.
Tout ce qu'il sait, il l'applique. Ses observations personnelles sur l'attitude, le geste, le mouvement, lui reviennent à l'esprit. L'œil subtil, l'âme aimantée vers un idéal qu'il sent planer au-dessus de lui, la science et l'art se fondent dans sa main dont la puissance est doublée.
Source : Gallica

Henry Jouin Esthétique du sculpteur (1888)

La peinture a pour elle la lumière et l'espace ; elle a l'insecte, l'arbre, la fleur, la montagne. Au-dessus de tout cela l'homme lui appartient encore.
Mais n'est-ce point un signe d'indigence chez le statuaire que cette nécessité de modeler l'homme à l'exclusion de toute créature pour parler sa pensée?
Non.
Le peintre n'est artiste qu'à la condition d'épandre l'âme humaine sur sa toile. Qu'importe les contours ? La vie est tout. Or, la vie de la lumière et de l'espace leur vient de la poésie qui s'exhale de l'âme humaine.
Source : Gallica

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