Résumé

René Ménard De la sculpture antique et moderne (1868)

Ce respect de soi-même et des autres, qui était la base de la morale des Grecs, traçait à l'art les limites qu'il ne devait jamais franchir dans l'expression des passions. La gloire de l'homme est de leur imposer une loi qui est sa conscience, le Dieu qu'il porte en lui. Modération dans le désir, fermeté dans la douleur, voilà la règle de la vie, et voilà aussi la condition de la beauté. Les artistes grecs l'ont toujours compris. Jamais ni les sculpteurs ni les poètes n'ont exposé aux regards le spectacle humiliant de l'humanité dégradée par la crainte ou par la volupté.
Source : Gallica

René Ménard De la sculpture antique et moderne (1867)

Pourtant, le vieux Donatello a beau être incorrect, il est telle tête d'enfant de lui qui, dans son modelé tout simple, montre plus de fraîcheur, de jeunesse et d'avenir qu'il n'y en a dans toutes les ingénieuses combinaisons des derniers Florentins. La peinture, au reste, suit la même marche que la sculpture, elle vise à la difficulté pour le plaisir d'en triompher; les raccourcis les plus forcés, les perspectives les plus étranges dominent partout, on fait un étalage pompeux d'un savoir qui finit par devenir plus apparent
que réel, et par ne plus être qu'un pédantisme ignorant.
Source : Gallica

René Ménard De la sculpture antique et moderne (1868)

C'est que jamais une œuvre n'a uni au même degré la simplicité avec la noblesse.
Dans la sérénité calme des Dieux du fronton, dans la vivante variété de la frise, le réel donne la main à l'idéal; c'est l'hymen de la terre et du ciel. Et si, après avoir étudié cette œuvre magnifique dans les différentes parties, on veut essayer de l'embrasser dans son ensemble, on voit chaque détail, parfait en lui-même, se fondre dans la perfection générale,
comme les volontés libres dans la cité grecque, comme les lois éternelles, qui sont les Dieux, dans la symphonie de l'univers.
Source : Gallica

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