Résumé

Portrait de Louis Ménard Louis Ménard Tableau historique des beaux-arts… (1866)

Pourtant il n'y a pas à proprement parler d'école romaine, si on entend par école une tradition représentée par une succession de grands maîtres. Ce qu'on nomme l'école romaine, c'est Raphaël et ses disciples immédiats. Or, Raphaël, né à Urbin, élève d'un peintre de Pérouse, termine ses études à Florence, et quand il paraît à Rome c'est avec un talent déjà mûr, une réputation déjà faite. Il y produit ses plus grands chefs-d'œuvre; il y forme des élèves, puis, dès qu'il est mort, ses élèves se dispersent et il n'y a plus d'école romaine.
Source : Gallica

Portrait de Louis Ménard Louis Ménard Tableau historique des beaux-arts… (1866)

A mesure qu'il avance en âge, son style s'ennoblit et s'épure; ce n'est plus seulement un grand artiste, c'est un philosophe : le peintre des gens d'esprit, comme on l'a nommé. Il peint alors les Bergers d'Arcadie, la Manne, la Rebecca, le Diogène. Dans sa vieillesse, sa main s'alourdit parfois, sa couleur devient grisâtre, mais son génie poétique s'élève encore, et à soixante-onze ans il crée le Déluge, œuvre grandiose où la vérité lugubre du coloris convient si bien à la grandeur sinistre du sujet.
Source : Gallica

Portrait de Louis Ménard Louis Ménard Tableau historique des beaux-arts… (1866)

Dans l'art, non-seulement il n'y a de progrès que par l'effort, mais la décadence commence aussitôt que l'activité s'arrête. Il y a des chutes et il y a des renaissances, les conquêtes du jour s'ajoutent aux conquêtes de la veille, la force collective de la tradition décuple la puissance du génie individuel ; mais dès qu'une école d'art s'endort dans une sécurité trompeuse, dès qu'elle oublie ou néglige un seul des principes éternels révélés par les maîtres, tout le travail est à refaire, il faut l'énergie nouvelle d'un réformateur pour tirer l'art de l'ornière où il s'est embourbé.
Source : Gallica

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