Résumé

Pierre Paris La sculpture antique (Nouvelle édition… (1889)

On sent dans ce chef-d'oeuvre tout l'esprit, sinon la main du maître.
Le sourire archaïque n'est qu'une naïveté ; il est figé ; il n'exprime, il ne reflète pas un état d'âme. Les dieux de Phidias étant dieux, partant impassibles, n'ont qu'une majesté, une sérénité vague, immortellement fixe sur leur face sublime ; les athlètes de Polyclète sont des modèles, c'est-à-dire des corps sains et jeunes, sans souffrance ni joie intime que celle d'être forts en muscles et parfaits en proportions ; leur chair est tout, ils n'ont point d'âme, et leur visage reste banal.
Source : Gallica

Pierre Paris La sculpture antique (Nouvelle édition… (1889)

Ce qui frappe le plus dans l'Apollon d'Orchomène ou de Théra, c'est la lourdeur des corps mal dégrossis, qui paraissent courts malgré leur taille ; ils donnent l'idée d'hommes forts, trapus et laids ; c'est l'impassibilité bestiale d'un visage stupidement hideux. N'est-ce pas, avec un peu d'atténuation, l'aspect du Moscophore ? Son attitude est mieux explicable ; ses yeux parlaient peut-être un peu plus, nous l'avons dit ; mais sa tête n'est pas moins inexpressive, ses épaules moins carrées, ses bras moins rudement dessinés, son corps taillé avec plus d'art.
Source : Gallica

Pierre Paris La sculpture antique (Nouvelle édition… (1889)

Dans un dernier effort le héros cherche à s'appuyer sur son bouclier ; mais sa tête, sous le poids du casque, sous les tortures de la souffrance, s'incline vers le sol ; son visage s'éclaire presque d'un reflet douloureux ; les muscles du torse se contractent, tandis que les jambes étendues s'allongent et s'affaissent, déjà mortes. Pour nous, ce soldat est, malgré quelques traits survivants d'archaïsme, la plus belle statue des deux frontons ; elle surpasse même l'Héraklès, pourtant si juste de mouvement et de dessin ; c'est presque un chef-d'oeuvre.
Source : Gallica

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