Guillaume Dubufe

Guillaume Dubufe

Résumé

Portrait de Guillaume Dubufe Guillaume Dubufe Revue des Deux Mondes

L’équilibre c’est toujours la loi de la vie et de la vérité, et par conséquent, de la Beauté. Si l’Art, en effet, n’est qu’une rare et supérieure puissance d’aimer, c’est-à-dire de connaître par l’amour la mystérieuse beauté des choses, et de refaire en esprit, même sous l’apparence des formes passagères, l’œuvre de la nature, le Métier est la précise faculté de transformer la matière au gré de cet esprit, le don, mis aux mains du tenace ouvrier, de traduire en formes pures les sensations et les rêves de l’artiste.
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Portrait de Guillaume Dubufe Guillaume Dubufe Revue des Deux Mondes

Aimer, n’est-ce pas, dans l’ordre intellectuel comme dans l’ordre physique, créer après Dieu, comme Dieu, un être, une forme, un verbe ? C’est une loi inéluctable que tout doit, pour vivre, s’incarner à un certain moment dans une forme certaine. L’Idée n’y échappe pas plus que l’Être. Tout se réduit, en somme, à cette formule unique : dans la vie physique, pas d’être sans matière, pas d’âme sans l’enveloppe d’un corps ; dans la vie intellectuelle, pas d’idée sans l’enveloppe d’une forme ; ce que je traduirai : pas d’art sans métier.
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Etre idéaliste, si l’on est de bonne foi, si l’on ne se plaît pas inutilement à jouer sur les mots, c’est simplement reconnaître cette suprématie de l’homme sur la nature, et, dans le cas particulier de l’artiste, sur ce qu’on a appelé la réalité. L’idéal, c’est le droit, pour tout être supérieur, de contrôler dans son cœur ce qu’il voit par ses yeux. Il n’y a pas d’art hors de ce droit. Il n’y a pas non plus de vérité intellectuelle, et par conséquent artistique, hors de cette victoire de l’être sur la matière.
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