Louis Gillet 

Résumé

Louis Gillet  Revue des Deux Mondes

Tout l’élément sentimental, irrationnel du christianisme, commence à l’emporter sur l’autre. Toute cette façade de Reims n’est plus qu’un hymne à Notre-Dame. Il semble, si l’on ose le dire sans hérésie, il semble que le monde rêve d’un nouveau mystère, d’une autre Incarnation, cette fois dans la femme. L’humanité se divinise dans la plus céleste de ses filles. Elle dit moins : « Notre Père, » elle murmure : Ave Maria.
Sans doute, on tremble de prêter aux faits, par des formules trop absolues, l’apparence d’une consistance qu’ils n’ont pas. Le culte de la Vierge est vieux comme l’Eglise.
Source : Wikisource

Louis Gillet  Revue des Deux Mondes

L’artiste vise plus haut que le portrait. Il a voulu créer des types, des formules humaines d’une valeur générale : ce qui l’émeut, dans ce sujet de la Visitation, c’est la rencontre et le contraste de deux âges de la vie, de la jeunesse et du déclin, du soir et de l’aurore. Le visage de la vieille Elisabeth n’est pas exempt de quelque sécheresse ; mais celui de la Vierge est une création supérieure. Nul art n’a surpassé la beauté ronde et pure de sa forme pensive ; le voile qui l’encadre baigne ses joues d’une ombre tranquille et majestueuse.
Source : Wikisource

Louis Gillet  Revue des Deux Mondes

Que viennent faire, au-dessus des portes de la façade, ces belles images de Verseaux, c’est-à-dire de jeunes hommes qui répandent des urnes, et que l’on interprète comme les quatre fleuves du Paradis ? Que sont-ils autre chose que de purs thèmes de poésie ? Ce n’est pas tout : j’ai parlé des anges du chevet, mais les anges sont partout autour de l’édifice. Qui ne connaît le plus beau de tous, du moins le plus célèbre, — aujourd’hui mutilé, décapité, hélas ! — celui que l’on appelait le « Sourire de Reims ? »
Source : Wikisource

Chaque jour avec Kwize, l'actualité mise en perspective par la littérature