Henry Jouin

Résumé

Henry Jouin La sculpture au Salon de 1880 (1881)

Le graveur en pierres fines est vraiment le frère du sculpteur.
Tous deux ont à vaincre la matière. Le peintre conduit son pinceau sur une surface lisse. D'un geste sans fatigue, il formule sa pensée. Semblable au semeur qui dans sa main fermée porte les moissons prochaines et dont les doigts, lorsqu'ils s'entr'ouvrent, laissent échapper la vie, le peintre fait sourdre la couleur du moindre de ses mouvements. Le repos de son bras n'est pas toujours l'indice d'un temps d'arrêt dans son oeuvre. C'est à peine s'il effleure sa toile, et la ligne se révèle dans son ampleur
Source : Gallica

Henry Jouin La sculpture au Salon de 1880 (1881)

Nous jugeons un artiste chaque année ! C'est trop demander à la fertilité du talent. Je me souviens comme vous de l'année féconde 1639, qui vit éclore deux chefs-d'oeuvre signés de la même main. Ce furent assurément deux figures de haut style que celles d'Horace et de Cinna. Le maître qui les a sculptées n'avait alors que trente-trois ans : son nom est Pierre Corneille. Mais je ne sache pas qu'il ait laissé parmi nous de descendants. Et d'ailleurs, Pierre Corneille, s'il avait été statuaire, n'aurait pas parachevé sur le marbre ou le bronze son double chef-d'oeuvre en une seule année.
Source : Gallica

Henry Jouin La sculpture au Salon de 1880 (1881)

C'est une oeuvre apaisée, digne, consciencieuse. La souplesse des formes, le rhythme tranquille des profils, rangent le marbre de M. Delorme parmi les ouvrages qui honorent un artiste. Tout y est en son lieu avec mesure. Qu'un souffle invisible eût fait frisonner ce corps d'homme, et l'âme eût été saisie par l'image de Mercure qu'on voudrait trouver moins correcte.
Il y a de longues années déjà que nous nous plaisons
à reconnaître le talent sérieux de M. Captier. Une figure de femme, debout et nue, est exposée par lui en 1880. C'est Diane. Plus grande que nature, elle dépasse deux mètres.
Source : Gallica

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