Résumé

Beulé La Statuaire d’Or et d’Ivoire.…

Au contraire M. Simart a prodigué aux ornemens l’éclat, la vigueur, la richesse ; là seulement l’or a toute sa chaleur, tandis que les parties essentielles sont d’une facture monotone, d’un aspect froid, condamnées aux tons blafards. La tunique n’est rien moins qu’un tissu d’or et de lumière ; on ne saurait dire, selon l’expression naïve des contes de fées, qu’elle est de la couleur du soleil. Le métal est à peine reconnaissable, si pâle qu’il se refuse aux sourires de la lumière et l’absorbe tristement. L’artiste a brisé lui-même le rameau d’or et renoncé à ses prestiges.
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L’or n’est plus de l’or ; une timidité savante est parvenue à en étouffer tous les feux. La longue tunique paraît grise et comme effacée ; ses tons sont parfois ceux de la pierre, ses reflets appartiennent à l’argent plutôt qu’à l’or. Les accessoires seuls, le bouclier, le casque, les ailes de la Victoire, sont d’un ton franc, comme pour mieux écraser le vêtement principal. Je ne saurais ici alléguer l’inexpérience de l’artiste : il a voulu évidemment détruire l’éclat du métal, car partout un travail à la pointe hache les surfaces de la tunique.
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L’art gagne à exagérer d’une manière idéale les dimensions humaines, mais il rencontre une limite qu’il ne franchit point impunément : cette limite, je la crois tracée moins encore par les exigences de nos sens que par une loi dont le secret remonte à la création. Évidemment, lorsqu’une statue ne doit être vue que de loin, comme la Minerve de Phidias au fond du Parthénon, la perspective conseille de grossir les objets, tandis que leur image décroît. Tel n’était pas le cas de M. Simart ; il a donc eu raison de choisir cette heureuse mesure, qui dépasse la vérité sans dépasser la vraisemblance.
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