Résumé

E. Beulé La Jeunesse de Phidias

Alors le sculpteur se règle sur les lois de la perspective et grossit les objets à mesure que l’image décroît. C’est ce qui arriva pour la statue de Minerve que les Athéniens commandèrent à Phidias en souvenir de Marathon. Elle s’élevait sur le rocher de l’Acropole, haut lui-même de quatre cents pieds, et de là dominait la ville, la plaine, tout le golfe d’Athènes. On distinguait encore la pointe de sa lance et l’aigrette de son casque après avoir doublé le cap Sunium. En matière d’art, les idées les plus poétiques n’ont aucun sens tant que l’exécution ne les a pas justifiées.
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E. Beulé La Jeunesse de Phidias

Il unit les qualités du génie dorien à celles du génie ionien, la simplicité sévère, la science pratique, la mâle grandeur du premier à l’idéal, au mouvement, à la délicatesse, à la grâce du second. Il sut fondre les deux principes pour en former un ensemble incomparable, que les modernes désespèrent d’égaler jamais. De même que l’architecture dorique n’a élevé aucun édifice qui ne fût surpassé par les Propylées et le Parthénon, monumens d’ordre dorique bâtis par les Athéniens, de même le style des sculpteurs doriens fut imité, conquis, effacé par Phidias.
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E. Beulé La Jeunesse de Phidias

Si l’on songe que Michel-Ange dédaignait aussi son talent de peintre, et que nous devons le Jugement dernier à la violence que lui fit Bramante, on s’étonnera moins de l’inconstance de Phidias. La sculpture promet en effet aux génies puissans une imitation plus complète et des types plus grandioses. Un tableau reproduit leur pensée comme un miroir reproduit une image, tandis qu’une statue, c’est la matière vaincue qu’ils façonnent à leur gré et qu’ils sentent s’animer dans leurs mains. Leur idéal prend un corps : il ne se voit pas seulement, il se touche.
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