Résumé

E. Beulé L’Atelier de Phidias, étude tirée de l’Antique

Tu préfères agir en homme de bien ; tu consultes la volonté de tes concitoyens, prêt à t’éloigner, s’ils l’ordonnent, à gouverner, s’ils le permettent.
PÉRICLÈS. Je tiens le serment que j’ai prêté dans le temple d’Aglaure, en recevant mes premières armes au nom de la patrie et de la liberté.
PHIDIAS. Tous, nous avons prêté ce serment ; mais plus d’un orateur, à ta place, réciterait le vers d’Euripide : « Ma langue a juré, et non pas mon cœur. »
PÉRICLÈS. Ne m’accorde pas tes éloges, Phidias, car mon ambition surpasse celle des tyrans.
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E. Beulé L’Atelier de Phidias, étude tirée de l’Antique

PHIDIAS. Épargne-moi, Périclès, car je te répondrai comme Philoctète : « Ta couche une plaie toujours ouverte. » Il est certain que plus j’avance en âge, plus je reconnais que l’art est peu de chose en face de la nature et des œuvres du Créateur.
PÉRICLÈS. Anaxagore se réjouirait, s’il t’entendait proclamer son dieu unique, l’intelligence qui a créé l’univers ; mais n’oublie pas que tu vis à Athènes, dans la ville qui compte le plus de prêtres et de prêtresses, chez un peuple épris de ses idoles et prompt à punir ceux qu’il soupçonne de ne point y croire.
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E. Beulé L’Atelier de Phidias, étude tirée de l’Antique

Comme les monumens sont la parure d’une ville aux yeux des étrangers, il convient qu’Athènes ne se pare que de monumens irréprochables.
ICTINUS. Les défauts du marbre sont légers : ils auraient disparu sous l’enduit coloré.
PHIDIAS. Ne suffit-il pas que tu les connaisses ? L’artiste qui sait où son œuvre pèche a moins de fierté et perd de son ardeur. De la perfection de chaque détail dépend la beauté de l’ensemble. Le divin architecte qui a construit le monde nous l’apprend, car ce n’est pas dans les parties cachées qu’il déploie le moins d’art.
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