Fersen, Le baiser de Narcisse (1907)
“ L’éphèbe gardait le même air mélancolique dont toujours ses prunelles s’attristaient. Ictinus, alors, crut pouvoir l’imaginer, transformer par ses moyens propres le visage immobile qui se refusait à la joie. L’Apoxyomène, fiévreux lui aussi, avait fait apporter, en réveillant les esclaves, de nouvelles lumières, des fruits et du vin. Un souper improvisé réunissait le peintre, l’architecte, l’éphèbe et la femme inconnue qui, maintenant, parlait à Milès, à voix douce et contenue, en dialecte d’Asie... Vingt fois Ictinus, se levant de la table, esquissa, puis effaça le sourire immatériel. ”
