Résumé

L. Vitet Revue des Deux Mondes

Une fois à Rome, il sembla résolu à continuer sa vaillante gageure, et c’est l’esprit encore tout plein de ses convictions florentines, qu’il entreprit et conduisit à fin ce grand drame théologique, ce magnifique dialogue entre le ciel et la terre qu’on appelle la Dispute du Saint-Sacrement. Jamais les traditions ombriennes ne s’étaient montrées au monde sous un plus splendide aspect ; c’était le comble de l’art : la vie intérieure, la vie de l’ame, coulait à pleins bords d’un bout à l’autre du tableau, sans troubler le calme et la simplicité d’une composition majestueusement symétrique.
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L. Vitet Revue des Deux Mondes

Les églises de Sienne et d’Orvieto nous éblouissent par l’élégance et l’éclat des détails ; mais l’œil a beau s’y plaire, l’esprit n’y trouve rien qui le satisfasse entièrement : il cherche vainement le principe, le régulateur qui a dirigé l’artiste, il ne voit qu’un amalgame de traditions antiques mal comprises et d’innovations avortées. Cette indécision, ce tâtonnement, excluent toute idée de système. Peu importe donc la grandeur et le charme de quelques-unes de ses œuvres, l’architecture du moyen-âge en Italie ne fut jamais qu’un art de décadence, un art sans lois, sans règle, sans méthode.
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On peut dire qu’à chaque exposition nouvelle l’art s’abaisse d’un degré. C’est le métier qui triomphe ; l’esprit, l’adresse, le talent même, se prostituent à qui mieux mieux aux exigences de la mode et aux caprices de l’argent. Si quelques pieux adorateurs de l’étude et de la vérité persistent à protester, le vide est devant leurs œuvres. L’enthousiasme, les couronnes vont de droit au procédé, à la manière, au faire de convention, à de plates réalités, mesquinement traduites tantôt par un imperceptible pinceau, tantôt par une brosse gigantesque.
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