Jules Barbey d’Aurevilly,
Premier Memorandum
“ Je suis resté seul et inentendu comme Roland à Roncevaux. Ô fragiles amitiés de la terre ! Nous avons tous un Roncevaux dans notre vie, tôt ou tard. Nous appelons les absents, nous sonnons de notre cor d’ivoire et en vain ! Ce cor qu’ils connaissaient si bien et qui avait pour eux, disaient-ils, de si poignants appels, cette voix amie qu’ils proclamaient irrésistible et qui les eût ramenés du bout du monde, ils l’entendent qui demande, qui crie, qui meurt d’appeler, et ils ne viennent pas ! Nous teignons l’ivoire de notre cor inutile de la pourpre du sang de notre cœur déchiré. ”
