Eugène Poitou

Résumé

Eugène Poitou Voyage en Espagne (1884)

Pour qui n'a pas vu Grenade, il est difficile d'imaginer rien de plus merveilleux que cet Alcazar. On se croit dans un palais des fées. On est étonné, charmé, ébloui. Les murailles semblent tendues d'une guipure de soie et d'or. Je ne crois pas qu'on ait jamais égalé les Arabes dans l'art de la décoration intérieure. Malgré la profusion des ornements qui revêtent les salles jusqu'aux voûtes, et les voûtes elles-mêmes, il n'y a dans l'ensemble, tant les formes sont variées et élégantes, ni lourdeur, ni surcharge, ni étalage de richesse.
Source : Gallica

Eugène Poitou Voyage en Espagne (1869)

Les Espagnols sont un peuple non pas usé, mais engourdi, paralysé par le despotisme, par l'ignorance, par la superstition, par l'isolement systématique où on l'a tenu depuis deux siècles. Il a été écrasé et comme étouffé sous une cloche de plomb : qu'on lui rende l'air et la lumière, et vous verrez la vie déborder en lui. Les hautes branches sont pourries; mais le tronc est sain encore, vigoureux, plein d'une séve puissante, même un peu âpre, et qui n'a besoin que de culture. L'avenir de l'Espagne est là
Source : Gallica

Eugène Poitou Voyage en Espagne (1869)

Tout ce monde m'a l'air de s'empresser à un spectacle bien plus que de se disposer à la pénitence.
Le soleil aussi est de la fête; un ciel sans nuages éclaire la ville coquette et riante. Nous ne sommes encore qu'aux derniers jours de mars, et nous avons la température qu'on a en France au mois de juin. Les Espagnols, frileux comme tous les méridionaux, s'enveloppent jusqu'au menton dans leur cape ; mais pour nous, il nous semble être tombés en plein été; nous avons pris les vêtements légers, et nous dînons en plein air, dans le patio, sous les orangers.
Source : Gallica

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