Sierra Morena

Définition et enjeux

Portrait de Paul Duplessis Paul Duplessis Les Peaux-rouges

La Sierra-Morena sert en ce moment de refuge à une bande nombreuse de voleurs, dont le chef, nommé Matagente, est un homme aussi rusé et actif qu’il est traître et cruel. Cet homme, qui a des espions dans toutes les villes environnantes, doit connaître nécessairement déjà la récompense de dix mille francs promise à celui qui vous arrêtera ; or, comme il sait que pour gagner la frontière il faut que vous traversiez la Sierra-Morena, il a dû prendre toutes ses précautions afin de s’emparer de vous quand vous y entrerez. Voyez, monseigneur, ce que vous voulez faire.
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Eugène Poitou Voyage en Espagne (1881)

A quelques lieues de Baylen, la route descend rapidement les dernières rampes de la sierra Morena.
On franchit, sur un pont de bois tremblant, le Rumblar, un gros torrent qui roule encaissé à quarante pieds de profondeur. Puis tout à coup, en quelques instants, le paysage change; l'horizon s'élargit, les plaines s'ouvrent. Une brise tiède vous frappe au visage; le ciel prend des teintes plus chaudes. Aux plantations d'oliviers, d'un aspect doux, mais triste, succèdent des champs parés d'une verdure nouvelle.
Source : Gallica

Portrait de Théophile Gautier Théophile Gautier Voyage en Espagne (Tras los montes… (1873)

Les Espagnols, lorsqu'ils ne sont pas encore hâlés par le soleil, sont en général d'une blancheur extrême.
La Sierra-Morena franchie, l'aspect du pays change totalement ; c'est comme si l'on passait tout à coup de l'Europe à l'Afrique : les vipères, regagnant leur trou, rayent de traînées obliques le sable fin de la route ; les aloès commencent à brandir leurs grands sabres épineux au bord des fossés. Ces larges éventails de feuilles charnues, épaisses, d'un gris azuré, donnent tout de suite une physionomie différente au paysage. On se sent véritablement ailleurs
Source : Gallica

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