Résumé

Jan Potocki Dix journées de la vie d’Alphonse Van Worden

Le bouc noir s’envola par un trou du rocher.
» Bientôt après je vis entrer un homme sec et hâve, qui avoit sur le front un signe flambloyant, assez ressemblant à une croix. Il s’approcha de moi et me dit : « Pascheco, Pascheco, au nom de ton Rédempteur, je t’ordonne de suivre les deux pendus, jusqu’au lit du jeune cavalier que tu connois déjà, et de l’entraîner hors de ce souterrain ; je te l’ordonne, et je t’en donnerai le pouvoir ». — J’obéis, j’entraînai le jeune Alphonse ; mais je fus à peine hors du souterrain, que mes flancs déchirés me causèrent une douleur affreuse.
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Jan Potocki Dix journées de la vie d’Alphonse Van Worden

Emina me plaça dans le coin du sopha, et se mit à côté de moi, les jambes croisées sous elle. Zibeddé s’assit de l’autre côté, s’appuya sur mon coussin ; et nous étions si près les uns des autres, que leur haleine se confondoit avec la mienne. Emina parut rêver un instant ; puis me regardant avec l’air du plus vif intérêt, elle prit ma main et me dit : « Cher Alphonse, il est inutile de vous le cacher, ce n’est pas le hasard qui nous amène ici, nous vous attendions. Si la crainte vous eût fait prendre une autre route, vous perdiez à jamais notre estime. »
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Jan Potocki Dix journées de la vie d’Alphonse Van Worden

Long-temps je combattis contre le sommeil et la nature, pour prolonger d’autant mes infernales jouissances. Enfin je m’endormis, et je m’éveillai le lendemain sous le gibet des frères de Zoto, et couché entre leurs infâmes cadavres ».
L’ermite interrompit ici le démoniaque, et me dit : « Eh bien, mon fils, que vous en semble ; je crois que vous auriez été bien effrayé de vous trouver couché entre deux pendus. »
Je lui répondis : « Mon père, vous m’offensez ; un gentilhomme ne doit jamais avoir peur, et moins encore lorsqu’il a l’honneur d’être capitaine aux Gardes-Vallones. »
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