Bohémiens

Définition et enjeux

Portrait de George Sand George Sand La Filleule (1853)

Voyons, Morenita, belle petite fée aux rêves ambitieux, réconciliez-vous avec l’étoile des bohémiens. Il n’y a pas que nous, allez, qui soyons des enfants perdus et des produits d’aventure. Leur race de maîtres, comme vous l’appelez, a un trop-plein de besoins et de désirs que leur société ne peut pas contenter, et le mot de bohémiens s’applique maintenant par métaphore à une bonne partie des vieux chrétiens d’Europe.
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Portrait de Gaston Leroux Gaston Leroux Rouletabille chez les bohémiens…

« Arrêter les bandes qui traversent le pays ! Mais nous leur donnerions plutôt une prime pour qu’elles s’en aillent plus vite !... Quant à votre domestique qu’ils ont mis si mal en point, querelle de bohémiens ! Ça ne nous regarde pas !... » Et vous me répondez à votre tour : « Mlle de Lavardens ? Affaire de bohémiens, ça ne nous regarde pas !... » Ah ! les bohémiens auraient vraiment tort de se gêner, monsieur !... Ils sont les vrais rois de la terre !... C’est bon, monsieur, je me passerai de vous !... Je me passerai de tout le monde !... J’agirai seul !...
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Portrait de George Sand George Sand La Filleule (1853)

Les bohémiens sont une race dégradée par la misère et l’abandon. Leur type étrange, leur mystérieuse origine, prêtent sans doute à la poésie, et, à l’époque où je faisais cette rencontre, ils étaient à la mode en littérature. Mais j’avais assez lu un peu de tout pour connaître la réalité des choses et pour voir, à côté de ce charme pittoresque que l’on avait le caprice de leur prêter, le mépris trop fondé qu’ils inspirent aux nations qui les connaissent et qui souffrent de leurs rapines, de leur malpropreté, de leurs ruses, de leur abjection en un mot.
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