M. V. Duruy

Résumé

M. V. Duruy Le Tour du monde

La Bavaria de Munich avec son Portique d’honneur n’est, après tout, qu’un monument de vanité municipale, et la plupart des grands hommes qui ont là leur buste sont de ceux dont la gloire ne dépasse pas la limite d’une ville ni d’une génération. Il n’en est pas de même à la Walhalla. Elle parle, par les souvenirs qu’elle évoque, à l’Allemagne entière, et par ses belles proportions et son site, aux gens de goût de tous les pays [2] . Nous avions quitté Ratisbonne par un temps magnifique ; mais peu à peu de légères bandes de nuages s’étaient montrées au-dessus du fleuve.
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M. V. Duruy Le Tour du monde

La Hongrie est, par ses blés, son bétail, son vin, le grenier d’abondance de Vienne et de l’archiduché. Une partie de ces produits, pour entrer en Autriche passe à Presbourg, qui en garde le plus qu’il peut, et je vois les collines qui l’entourent couvertes au loin de magnifiques vignobles, dont un, celui de Saint-George, est renommé. On vante la vue magnifique dont on jouit du haut du Schlossberg, et qui s’étend à l’ouest jusqu’au Kahlenberg, par-dessus Vienne, à l’est, sur l’immense plaine où le Danube circule paresseusement entre des îles basses et boisées.
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M. V. Duruy Le Tour du monde

Et en face de si belles choses on se répétait que la Bavière ne devait plus envier à Berlin le bonheur d’avoir les soldats les mieux alignés de l’Allemagne, à Vienne les diplomates les plus habiles sur la question de l’équilibre des corps. Si l’on n’était pas les premiers dans la guerre ni dans la politique, on l’était dans l’art, ce qui valait mieux. Aussi, comme on portait la tête : il n’y avait pas un citoyen de Munich passant sous la porte de l’Isar qui ne baissât le front, de peur de se heurter aux créneaux.
Et le roi Louis se frottait les mains.
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