Victor Hugo,
La Légende des siècles
“ Sultan, sois jaloux des sultanes, Et tiens sous des voiles caché L'essaim des femmes inconnues Qu'hier on vendait toutes nues À la criée en plein marché ; Qu'importe au vent ! qu'importe à l'onde ! Une femme est noire, une est blonde, L'autre est d'Alep ou d'Ispahan ; Toutes tremblent devant ta face ; Et que veut-on que cela fasse Au mystérieux océan ? Vous avez chacun votre fête ; Sois le prince, il est la tempête, Lui l'éclair, toi l'yatagan, Vous avez chacun votre glaive ; Sous le sultan le peuple rêve, Le flot songe sous l'ouragan. Nous travaillons pour l'un et l'autre. ”
