Résumé

Avesnes Contes pour lire au crépuscule

Emballé, Latullère criait : « C’est tout de même épatant, la marine ! »
Rabateau réussit enfin à les emmener au carré prendre un peu de nourriture et de repos.
Lefort, lui, n’avait pas faim. Le sang battait ses artères à les rompre. Il vibrait alternativement d’une grande joie et d’une grande tristesse : les hommes lui avaient montré ce qu’ils valaient dans un sens et dans l’autre.
La nuit tombée apportait la fraîcheur à ses tempes.
La lune se levait sur le désert, avec son enflure de visage mort, sa lueur douce d’énorme lampe.
Oui, les hommes se reprenaient.
Source : Gutenberg

Avesnes Contes pour lire au crépuscule

C’est cette lueur, cette lueur de rêve et de mort, c’est cette lueur-là qu’elle aime. Le jour trop éclatant blesse, dit-on, ses yeux extrêmement délicats.
A ce moment donc elle part, avec une régularité d’horloge, va errer par les champs, puis revient se coucher à son gîte. On la voit passer entre les branches fuligineuses, circonflexe, semblable à un énorme papillon d’ombre, à une chimère. C’est ce que l’on appelle la « passée » bien connue des chasseurs. De l’avis de certains, c’est à ce moment qu’elle est la plus aisée à tirer.
Source : Gutenberg

Avesnes Contes pour lire au crépuscule

Seule, une femme était accoudée à un balcon, tête nue, sans se soucier du soleil. C’était une grande brune, avec un peigne d’or dans les cheveux et un châle de soie blanche rayé de rose sur les épaules : son attitude souple faisait valoir sa taille. Sa main cachait son visage. Ses bras étaient nus jusqu’au coude, bruns et beaux, d’une peau mate qui absorbait la lumière et donnait à l’œil l’impression d’être chaude. En voyant cette peau-là, lui, qui n’avait pas touché à une chair de femme depuis des mois, eut une sensation brutale de désir, une envie d’y coller et d’y rassasier ses lèvres.
Source : Gutenberg

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