Auguste Barbier

Élements biographiques

Portrait de Auguste Barbier Auguste Barbier,  Trois passions (1868)

“ GUSTAVE. 81
Sais-je bien seulement s'il existe sur terre Un être qui pour moi porte le nom de père, Si m'attend quelque part le désir d'un ami ? Art, famille, amitié, tout est mis en oubli ; J'aime, je suis aimé !... voilà pour moi la vie, Le vrai bonheur du corps et de l'âme ravie ; La gloire, les honneurs, tout le reste n'est rien. L'ombre du mouvement, le fantôme du bien... Oui, sur le globe entier, par toute la nature Si changeante d'aspect et si vive d'allure, Il n'est que deux objets réellement vivant : Mon amante et mon coeur d'ivresse palpitant.
”
Source : Gallica

Portrait de Auguste Barbier Auguste Barbier,  Iambes et Poèmes (1898)

“ Quand on ne croit à rien, que faire de la vie ? Que faire de ce bien que la jeunesse envie, Si l'on ne peut, hélas! l'envoyer vers le ciel, Comme un encensoir d'or fumant devant l'autel ; La remplir d'harmonie, et, dans un beau délire, Des âmes avec Dieu se partager l'empire ; Ou la teindre de sang, comme un fer redouté Aux mains de la patrie et de la liberté? Quand le coeur est sans foi, que faire de la vie ? Alors, alors il faut la barbouiller de lie, La couvrir de haillons, la charger d'oripeaux, Comme un ivrogne mort l'enfouir dans les pots ”
Source : Gallica

Portrait de Auguste Barbier Auguste Barbier,  Poésies posthumes (1884)

“ A trop aimer mon coeur s'est brisé dans la peine.
Privé de sang au coeur et de force au cerveau,
A quoi l'homme est-il bon? a descendre au tombeau.
Le tombeau, qu'est-ce donc? un calme et sombre lieu Où s'use lentement notre chair froide et morte. Et la mort, quelle est-elle ? ah ! sans doute la porte Par où l'âme s'échappe et s'envole vers Dieu.
A mesure qu'on marche au terme trop certain Où viennent aboutir les choses de la vie, Que le monde paraît triste à l'âme allanguie, Et que tout semble court, petit, fragile et vain!
”
Source : Gallica

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