Charles-Marie Leconte de Lisle

Élements biographiques

Charles-Marie Leconte de Lisle Poèmes barbares (Édition définitive… (1889)

Comme, du faîte plat d'un grand sépulcre ancien, La lampe dont blêmit la lueur vagabonde, Plein d'ennui, palpitant sur le désert du monde, Le soleil qui se meurt regarde et ne voit rien.
Un monstre insatiable a dévoré la vie. Astres resplendissants des cieux, soyez témoins! C'est à vous de frémir, car ici-bas, du moins, L'affreux spectre, la goule horrible est assouvie.
Vertu, douleur, pensée, espérance, remords, Amour qui traversais l'univers d'un coup d'aile, Qu'êtes-vous devenus? L'âme, qu'a-t-on fait d'elle? Qu'a-t-on fait de l'esprit silencieux des morts ?
Source : Gallica

Charles-Marie Leconte de Lisle Oeuvres de Leconte de Lisle (1929)

Qu'est-ce donc ? Ce n'est plus la tente accoutumée. Dors-tu, Magnus ? Es-tu couché dans ton linceul ? Quels sont ces murs massifs et hauts, noirs de fumée ?
Vois ! c'est la salle antique où mourut ton aïeul ! Écoute ! c'est le vent dans la tour écroulée Où le hibou hulule, et qu'il habite seul ;
C'est le Rhin qui murmure et fuit dans la vallée, Sous le roc d'où, jadis, vers la tombe d'un Dieu, Comme l'aigle au matin, tu pris ton envolée.
Par où, comment, Vieillard, revins-tu dans ce lieu ? Tu ne sais, si ce n'est que ta chair est vivante. Tes Démons familiers ont accompli ton voeu !
Source : Gallica

Charles-Marie Leconte de Lisle Poëmes antiques (Édition nouvelle revue & considérablement augmentée… (1874)

LES PLAINTES DU CYCLOPE.
Certes, il n'aimait pas à la façon des hommes, Avec des tresses d'or, des roses ou des pommes, Depuis que t'ayant vue, ô fille de la mer, Le désir le mordit au coeur d'un trait amer. Il t'aimait, Galatée, avec des fureurs vraies, Laissant le lait s'aigrir & sécher dans les claies, Oubliant les brebis laineuses aux prés verts, Et se souciant peu de l'immense univers.
Sans trêve ni repos, sur les algues des rives, Il consumait sa vie en des plaintes naïves, Interrogeait des flots les volutes d'azur, Et suppliait la Nymphe au coeur frivole & dur, Tandis que sur sa tête, à tout vent exposée, Le jour versait sa flamme & la nuit sa rosée, Et qu'énorme, couché sur un roc écarté,
Source : Gallica

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