Charles-Marie Leconte de Lisle

Résumé

Charles-Marie Leconte de Lisle Oeuvres de Leconte de Lisle (1929)

Qu'est-ce donc ? Ce n'est plus la tente accoutumée. Dors-tu, Magnus ? Es-tu couché dans ton linceul ? Quels sont ces murs massifs et hauts, noirs de fumée ?
Vois ! c'est la salle antique où mourut ton aïeul ! Écoute ! c'est le vent dans la tour écroulée Où le hibou hulule, et qu'il habite seul ;
C'est le Rhin qui murmure et fuit dans la vallée, Sous le roc d'où, jadis, vers la tombe d'un Dieu, Comme l'aigle au matin, tu pris ton envolée.
Par où, comment, Vieillard, revins-tu dans ce lieu ? Tu ne sais, si ce n'est que ta chair est vivante. Tes Démons familiers ont accompli ton voeu !
Source : Gallica

Charles-Marie Leconte de Lisle Oeuvres de Leconte de Lisle (1929)

Hommes, bêtes et Dieux et Monde illimité,
Tout cela jaillit, meurt de tes métamorphoses. Dans les siècles, que tu fais naître et décomposes, Ce qui n'est plus n'est tel que pour avoir été.
A travers tous les temps, splendides ou moroses, L'Esprit, rapide éclair, en leur vol emporté, Conçoit fatalement sa propre inanité Et le néant final des êtres et des choses.
Oui ! sans toi, qui n'es rien, rien n'aurait existé : Amour, crimes, vertus, les poisons ni les roses. Le rêve évanoui de tes oeuvres écloses Est l'unique raison de leur réalité.
Source : Gallica

Charles-Marie Leconte de Lisle Oeuvres de Leconte de Lisle (1929)

Et Magnus reconnaît cette pâle figure ;
Il entend cette voix qui, jadis, supplia,
Par la Vierge et les Saints, son âme altière et dure.
C'est Elle ! c'est l'Abbesse Alix ! Ciel ! Il y a
Bien des jours, bien des ans, un siècle qu'elle est morte.
Que veut-elle à celui qui jamais n'oublia ?
Pourquoi le fer sanglant, la dague qu'elle porte Au coeur ? et ce stigmate à son front triste et beau ? Or, le spectre d'Alix lui parle de la sorte :
— Magnus ! ma chair mortelle et tombée en lambeau, Cette chair que ton crime a faite ta complice,
Ne gît plus insensible au fond de son tombeau.
Source : Gallica

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