George Sand

George Sand

Résumé

Portrait de George Sand George Sand Chants d'un montagnard (1869)

Jamais ne jailliront les branches de mon rêve; O vie exubérante en lutte avec la mort !
L'expression, vil marbre, à l'idée est rebelle, Et l'artiste inquiet se dit avec dégoût : Mon oeuvre, auprès du songe éblouissant, qu'est-elle? . — Le reflet d'un ciel pur dans l'onde d'un égout.
Je porte une Minerve en armes clans ma tête ; Mais dans ces vils fragments, miroir louche et mesquin Qui ternit et réduit, disparaîtra l'athlète, Et la postérité reléguera le nain.
Pourtant je connais bien les secrets de la lyre, Et j'eusse mérité de confondre ma voix A vos chants, ô Byron! Dante! Goethe!
Source : Gallica

Portrait de George Sand George Sand Chants d'un montagnard (1869)

SPLEEN. — CHANT III 159
Heureux le condamné sur qui s'abat la hache ! Fibre à fibre, vois-tu, l'affreux rostre puissant De quelque oiseau d'enfer, à l'oeuvre sans relâche, Déchiquète mon coeur sans cesse renaissant.
Du pélican la mort rigide glace l'aile Dès qu'en lui sa couvée a trouvé l'aliment, Mais le ciel a voulu que mon âme immortelle Se dévore elle-même avec acharnement.
Tel je suis, âpre écho des plus noires tortures; Nul pourtant n'aime avec une plus vive ardeur Et les riants tableaux et les tendres peintures : J'étais né pour l'amour comme pour le bonheur
Source : Gallica

Portrait de George Sand George Sand Chants d'un montagnard (1869)

Et sentir que l'on n'est qu'un peu de boue immonde Qu'un vain souffle vital, fragile bulle d'air, Anime, et dans la nuit anxieuse et profonde, Impuissant et maudit se tordre comme un ver ;
J'en jure par le ciel, telle est ma destinée. 0 toi ! qui me versas les flots de ton amour Pour faire reverdir chaque tige fanée Et changer mon enfer en céleste séjour,
Ne savais-tu donc pas que le coeur du poète A plus soif d'idéal que le tigre de sang ? Que, tandis que pour tous la vie est une fête, L'âpre goule du spleen lui dévore le flanc?
Source : Gallica

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