George Sand,
Chants d'un montagnard
(1869)
“ Jamais ne jailliront les branches de mon rêve; O vie exubérante en lutte avec la mort ! L'expression, vil marbre, à l'idée est rebelle, Et l'artiste inquiet se dit avec dégoût : Mon oeuvre, auprès du songe éblouissant, qu'est-elle? . — Le reflet d'un ciel pur dans l'onde d'un égout. Je porte une Minerve en armes clans ma tête ; Mais dans ces vils fragments, miroir louche et mesquin Qui ternit et réduit, disparaîtra l'athlète, Et la postérité reléguera le nain. Pourtant je connais bien les secrets de la lyre, Et j'eusse mérité de confondre ma voix A vos chants, ô Byron! Dante! Goethe! ”
