“ A brisé dans son vol ton aile si soyeuse ; Elle le lit un nid dans ses bras, l’envieuse, Ne pouvant épargner un seul petit oiseau. Ton esprit qui volait bien plus loin que ton aile T’ouvrait le grand ciel pur qui fuyait devant toi : — Est-ce vrai, disais-tu, qu’un oiseau comme moi Respire le parfum de la fleur éternelle ? Aux hommes comme à nous, petits chanteurs des bois, Le Seigneur a donné la divine pensée ”
Aile
Définition et enjeux
L’« aile » désigne historiquement une unité militaire romaine, composée de troupes auxiliaires alliées, organisée en cohortes d’infanterie et en turmae de cavalerie. Sous la République, elle symbolisait le flanc des armées, tandis que sous le Principat, elle devint une unité de cavalerie spécialisée.
Cependant, le terme a également traversé la littérature pour évoquer le vol, la liberté ou la métamorphose, comme le montrent les poètes : Théophile Gautier imagine un corps doté d’ailes pour franchir les cieux, Edmond Rostand célèbre l’aspiration à l’envol, et Marie Pape-Carpantier explore la biologie des ailes animales. Ces approches, mêlant histoire et poésie, révèlent une dualité entre la fonction militaire de l’« aile » et son symbolisme universel, reliant le réel au rêve.
Citations sur l'aile
Anatole Le Braz,
Le gardien du feu
“ Une aile sombre, une aile d’une envergure immense et comme ouatée, par places, d’un duvet grisâtre, monte et plane sur la mer où frissonnent des teintes sinistres, des glauques et des violets innommés. ”
Alexandre Soumet,
La Divine Épopée
“ Ton aile qui longtemps semble fixée au sol, Tant le poids de tes pleurs alourdissait son vol ! Puis, comme un aigle noir blessé loin du tonnerre, Incertain en montant d’arriver à son aire, Tu flottes tournoyante, épanchant tes regrets De la mer aux vieux monts, des déserts aux forêts. Tu ne peux pas quitter, tant la chaîne était forte, Ce qui reste de toi sur la planète morte. Ton front touche la nue, et dans son lent essor, Aux rameaux des palmiers ton aile traîne encor. Telle une veuve, l’œil sur la voûte étoilée, De ses voiles traînants couvre le mausolée. ”
Théophile Gautier,
La Comédie de la Mort
(1838)
“ Et si mon corps avait une aile Comme mon âme pour voler ! Par-dessus les vertes collines, Les montagnes au front d’azur, Les champs rayés et les ravines, J’irais d’un vol rapide et sûr. Le corps ne suit pas la pensée ”
Jacques Madeleine,
L’Idylle éternelle
“ Rasent le sol, puis dans les cieux Prennent un vol audacieux À tire d’ailes. 2 Elles trempent parfois leur aile au ruisseau clair. L’œil les suit ; mais, déjà, dans l’air, Elles ont disparu comme un rapide éclair. ”
Victor de Laprade,
Œuvres poétiques de Victor de Laprade
“ Par toi, des hauts sommets je fus le nourrisson. Mon aile s’est ouverte au vent que tu déchaînes ; Enivré de ton souffle, à l’odeur des prés verts, J’ai senti circuler, de mon sang à mes vers, L’esprit qui fait mugir les taureaux et les chênes. ”
Edmond Rostand,
Le Cantique de l'Aile
(1922)
“ « Pas une aile ! Oh ! monter ! à chaque battement,Monter ! du fond sans fin des soirs ambrosiaques,Voir décroître une terre où luisent quelques flaques,Et boire la lumière à même un firmament ! ”
Marie Pape-Carpantier,
Histoire naturelle, par Mme Marie Pape-Carpantier…
(1876)
“ Vous êtes-vous alors demandé comment les ailes des oiseaux, dont quelques-uns sont parfois de grande taille, suffisent pour les porter dans l'air qui est si léger, si peu résistant. Quel organe puissant est-ce donc que l'aile? Comment est-il disposé? Comment fonctionne-t-il? Une aile, chers enfants, c'est un bras modifié pour ramer dans l'air; à peu près comme les nageoires de la baleine et des phoques, sont des bras modifiés pour nager dans l'eau. Vous êtes étonnés peut-être d'entendre appeler l'aile un Squelette d'oiseau. ”
Georges Faillet, Colloque Sentimental entre Émile Zola et Fagus
“ Elle te cherche, elle te frôle, elle descend, Suspendue à ses bondissantes ailes ! Et nous tous Aussi qui portons des ailes, Au triomphal appel, cri de guerre éclatant, Nous bandons l’aile en chœur et volons en chantant, Et tu nous revois, fervents et fidèles ! ”
Armand Silvestre,
Les Ailes d’or
“ A ravi sa pâleur lumineuse aux étoiles. Le soleil dont la mer buvait encor le sang Fit d’un baiser mourant la pourpre de sa bouche, Et l’ombre qui tombait de la roche farouche Dans ses cheveux profonds prit son aile en passant. ”
Paul-Antoine Cap, Études biographiques pour servir à l'histoire des sciences… (1857-1864)
“ Ils ne se posent jamais à terre, mais sur les jeunes branches, où ils se balancent de côté et comme en cadence, ouyrant et refermant leurs ailes, se secouant et faisant leur petite toilette avec adresse et propreté. Ils étendent d'abord une aile, puis l'autre, en passant chaque tuyau de plume en travers de leur bec, et l'aile, ainsi lissée, resplendit au soleil d'un éclat merveilleux. Ils paraissent jouir d'une remarquable puissance de vue, car ils poussent droit sur les autres oiseaux, leurs ennemis, qui ne s'aperçoivent pas de leur approche. ”
Armand Silvestre,
Les Ailes d’or
“ Et, sentant croître une aile à sa nudité sainte, Emporte jusqu’aux cieux l’haleine des jasmins. Partout son vol léger trace un sillon de joie ; Dans un bruit de baisers montent ses pieds vermeils, Et les liens déchirés des stupides sommeils Dans l’éther affranchi flottent en fils de soie. Tout est enchantement, extases, infini Sur les monts, dans les prés, dans la forêt austère, Le long des fleuves bleus, partout où sent la terre Un germe fécond mordre à son flanc rajeuni. ”
Maryse Bastié,
Ailes ouvertes
(1937)
“ Ephémère et capricieuse, elle vous effleure de son aile fulgurante et s'envole aussitôt vers d'autres sujets qu'elle éclaire de son fugitif rayonnement pour les rejeter dans l'ombre avec la même rapidité qu'elle a mis à les en sortir. ”
“ De chemins escarpés et de sentiers unis. L’heureux temps ! Tout à coup, dans les cieux rembrunis, Comme une voile blanche allant à la dérive, Glisse un ange. Le bruit de son aile m’arrive Plus suave, je crois, que la chanson des nids. ”
Mme Anaïs Ségalas,
Les Oiseaux de passage
“ Quand un groupe en chantant cherche à le traverser, Parfois le vent l’emporte. Là, jamais de repos, point d’abris, d’arbres verts ; Oh ! pour ne pas tomber, quand on franchit ces mers, Il faut une aile forte ! Qu’importe : allez ! l’espace est si grand, si vermeil ”
Mme Anaïs Ségalas,
Les Oiseaux de passage
“ Dieu vient passer la main sur chacun de ses flots, Qu’il abaisse, comme un brin d’herbe. Allons, mon brick léger, nage, comme un poisson ; Fume sur le pont, ris, mon joyeux équipage : Un marin, c’est l’oiseau qui vole après l’orage, Sèche son aile humide, et reprend sa chanson. ”
Leconte de Lisle,
Premières Poésies et Lettres intimes
“ Fendez les cieux d’un coup de votre aile charnue, Venez, apprenez-moi l’essor impérieux Qui me mettrait soudain sur la route des cieux ; Aigles de nos climats, enfants de nos tempêtes, Vous, pour qui l’Océan et la foudre ont des fêtes, Il n’est point d’horizon pour votre liberté, Car vos larges poumons veulent l’immensité !... ”
Paul Verlaine,
Sagesse (7e édition)
(1914)
“ Je ne sais pourquoi Mon esprit amer D'une aile inquiète et folle vole sur la mer, Tout ce qui m'est cher, D'une aile d'effroi Mon amour le couve au ras des flots. Pourquoi, pourquoi? ”
Laurent Degreaux, Études ornithologiques. La puissance de l'aile… (1871)
“ Cette invention merveilleuse que l'homme cherche depuis Icare, Dieu l'a octroyée à l'oiseau avec une prodigalité infinie. Le type le plus parfait de la locomotion et du mouvement , n'est-ce pas l'oiseau ? Le voyage, c'est sa vie ; la vélocité est son plaisir; l'espace est à lui et l'univers entier est sous son aile. ”
Pamphile Lemay,
Essais poétiques. Léon Pamphile Lemay
(1865)
“ Lorsque les feux du jour commencent à s'éteindre, Que de son aile noire, au loin, la nuit vient ceindre, Les lacs aux flots d'azur, et les bois et les champs, Le tumulte se tait, le travail se repose,L'oiseau vole à son nid, lé zéphyr, à la rose. ”
Léonard de Vinci : 47 gravures et portraits (1914)
“ La pointe de l'aile de l'oiseau se guide dans l'air, comme fait dans l'eau la pointe de la rame ou la main du nageur. L'oiseau, pour diminuer sa descente trop rapide, déploie ses ailes et sa queue à la façon d'un parachute; pour accéler la descente trop lente, il se ramasse sur lui-même. ”
Francis Carco,
Au vent crispé du matin
“ CHANSONS AIGRES-DOUCESà Tristan Derème L’Illusion I Si le ramier gonfle une aile Chatoyante au matin clair, Le martinet, l’hirondelle — Flèches folles — fendent l’air. Il s’ébroue à la lumière Qui le moire de reflets, Et sa chanson coutumière A l’accent que tu voulais. II Mais comment t’appellerai-je, Toi qui, dans mes bras, souris : Duvet plus frais que la neige, Ramier tendre ou colibri ? Tu n’avais pour me séduire, Que ton beau regard distrait Et que la fleur du sourire Qui se dérobe et... ”
Paul Janet,
Revue des Deux Mondes
“ Ainsi expliquez-nous tant qu’il vous plaira qu’une aile étant donnée, il faut que l’oiseau vole : cela ne prouve pas du tout qu’il n’ait pas des ailes pour voler. De bonne foi, si l’auteur de la nature a voulu que les oiseaux volassent, que pouvait-il faire de mieux que de leur donner des ailes ? ”
Edgar Saveney, L’Aviation et les Aviateurs, leurs travaux et leurs expériences
“ Nous sommes loin d’avoir épuisé les particularités curieuses qui se présentent dans le vol de l’oiseau. Voyez un oiseau qui se meut horizontalement en battant des ailes : il n’agite pas son aile tout d’une pièce ”
Antoine Sauvade, En descendant la côte (1928)
“ J'ai vu sortir les grands oiseaux, Et, à travers les hauts espaces, Notre oeil inquiet, mais fier pourtant, — De crainte aussi le coeur battant — Suivait leurs glorieuses traces. 2. J'ai vu tomber un grand oiseau Planant naguère dans la nue, Dont l'aile, hélas ! est descendue. J'ai vu tomber un grand oiseau. C'était le trépas dans la gloire, L'effondrement des trois couleurs ; Mais c'est toujours dans les douleurs Que l'on voit germer la victoire. — 3. Il faut aimer les grands oiseaux Qui vont par-dessus les nuages, Dans la tempête et les orages.. Il faut aimer les grands oiseaux. ”
Jacques Normand, À tire-d’aile
“ Mirant l’azur de nos ailes Dans la source au pur cristal. L’aurore naissait à peine : Qu’il faisait bon voyager Tandis qu’un brouillard léger Semblait caresser la plaine ! Oh ! qu’ils étaient gais, nos cœurs ! ”
Marcel Proust,
Les plaisirs et les jours
“ Son corps parfait enfle ses coutumières gazes blanches comme des ailes reployées. On pense à un oiseau qui rêve sur une patte élégante et grêle. Il est charmant aussi de voir son éventail de plume palpiter près d'elle et battre de son aile blanche. ”
Alphonse de Lamartine,
Méditations poétiques/Édition de 1860
“ Ainsi lorsque notre âme, à sa source envolée, Quitte enfin pour toujours la terrestre vallée, Chaque coup de son aile, en l’élevant aux cieux, Élargit l’horizon qui s’étend sous ses yeux ; ”
Léo Taxil,
Mémoires d’une ex-palladiste parfaite…
“ Autour de moi, des ailes volaient, de grandes ailes, d’une éblouissante blancheur, par milliers ; à nul corps elles n’étaient attachées ; c’était des ailes réunies par couples, qui battaient l’air en tourbillonnant. Elles formaient comme des nuées. ”
Leconte de Lisle,
Premières Poésies et Lettres intimes
“ Les bords, les flots, les airs s’inondaient de prestiges, Mes regards s’emplissaient d’éblouissants vertiges ; Quand, soudain, emporté par un élan vainqueur, Je vis les cieux ouvrir leurs tentures de gaze, Et mon esprit monta sur l’aile de l’extase... ”
Antoine Furetière,
Dictionnaire d'Antoine Furetière
(1684)
“ On dit aussi, Faire voir en aile l’oiseau, le mettre en aile : voler de belles ailes. La chauve-souri n’a point de plumes à ses ailes. les poussins sont encore sous l’aile de la mere. En ce sens il vient du Latin Ala. Aile se dit aussi de cette partie charnue qui s’étend de l’estomach à la cuisse dans les volailles qu’on mange : Une aile de chapon, de perdrix : Il y eb a qui preferent la cuisse à l’aile. Aile, en termes d’Anatomie, se dit de plusieurs parties du corps, & premierement les lobes du foye s’appellent souvent ailes ou ailerons. ”
Louis de Boissy,
Oeuvres de Théâtre de M. Boissy
“ L’oiseau naît, et à peine est-il une fleur qui a des plumes et un bouquet qui a des ailes, que, revêtu de sa parure charmante, il s’élance de son nid bientôt oublié, et fend d’un vol léger les plaines de l’air. ”
Anatole-Henri-Philippe de Ségur,
Oeuvres poétiques : Sainte Cécile…
(1899)
“ Ne portent point si haut leurs chansons ni leurs ailes, Cependant qu'en son vol, sublime et sans pareil, L'aigle, les yeux ardents, les ailes étendues, Plane au-dessus des monts et, par delà les nues, Fuit et va s'abreuver aux sources du soleil. ”
Laure Conan,
Angéline de Montbrun
“ Si vous saviez comme je vous désire, au lieu de prendre le bateau comme tout le monde, vous vous embarqueriez sur l'aile des vents. J'aurai tant de plaisir à vous démondaniser! ”
Anthologie lyrique . Recueil de poésies lyriques modernes de la France…
“ Moi, qui même auprès des belles Voudrais vivre en passager, Que je porte envie aux ailes De l'oiseau vif et léger! Combien d'espace il visite! A voltiger tout l'invite: L'air est doux, le ciel est beau. Je volerais vite, vite, vite, Si j'étais petit oiseau. ”
Paul Éluard,
Capitale de la douleur
(1926)
“ De véritables dieux, des oiseaux dans la terre Et dans l'eau, je les ai vus. Leurs ailes sont les miennes, rien n'existe Que leur vol qui secoue ma misère, Leur vol d'étoile et de lumière Leur vol de terre, leur vol de pierre Sur les flots de leurs ailes, Ma pensée soutenue par la vie et la mort. ”
Théophile Gautier,
Émaux et camées
“ Contre un invisible réseau! Des ailes! des ailes! des ailes! Comme dans le chant de Ruckert, Pour voler, là-bas avec elles Au soleil d'or, au printemps vert! NOËL Le ciel est noir, la terre est blanche ”
Théophile Gautier,
Émaux et camées
“ Voyant venir la rouille aux bois. Je comprends tout ce qu’elles disent, Car le poète est un oiseau ; Mais, captif, ses élans se brisent Contre un invisible réseau ! Des ailes ! des ailes ! des ailes ! ”
Joseph Bonin, Biographies de l’honorable Barthélemi Joliette et de M. le Grand vicaire A. Manseau
“ Deux ailes de vingt-cinq pieds de largeur sur une cinquantaine de profondeur, laissent saillir de cinq à six pieds, le corps principal qui, orné d’un fronton semblable à celui des ailes, revêt par toutes ses proportions un air de force et d’élégance peu communes. ”
Marie-Victorin,
Croquis laurentiens
“ Mais regardez-les aborder à la crête d’une vague, les ailes tendues et le corps en avant. Ils ont, pour prendre leur équilibre et replier leurs ailes, un mouvement d’une élégance suprême qui défie la pauvreté des mots ! ”
Jean-François Destigny, Némésis incorruptible : satires de moeurs (1838)
“ Plus l'Aigle, dont le vol escalade les nues, Traînait bas, en partant, ses ailes demi-nues, Plus nous applaudissons à cet audacieux, Quand de son aire infime il déserte la mousse, Jette un cri, s'abandonne à l'ardeur qui le pousse, Et monte comme un trait aux Cieux ! ”
Alfred Driou, L'Antiquité pittoresque.... Les origines du monde… (1873)
“ Alors les mille espèces d'oiseaux, dont les ailes ne sont pas engourdies dans le repos, s'élancent dans les plaines de l'air qui leur sont rendues, et. font retentir les cieux de leurs cris rauques, perçants ou suaves, chants de triomphe ”
Jésuites et imprimeurs de Trévoux, Dictionnaire de Trévoux/6e édition…
“ La partie de l’oiseau qui l’élève ou qui le soutient en l’air, quand elle est étendue. ☞ Parties du corps des oiseaux, qui sont les instrumens du vol, & qui sont façonnées pour cet effet avec beaucoup d’art, & placées à l’endroit le plus propre pour tenir le corps dans un exact équilibre. Ala. L’aigle est un oiseau qui vole à tire d’aile. Les Faucons se tiennent long-temps sur aile, ils ont l’aile vîte, tranchante, l’aile forte, l’aile entière. On dit aussi ; faire voir en aile l’oiseau, le mettre en aile : voler de belles ailes. ”
Eugène-Melchior de Vogüé,
Revue des Deux Mondes
“ Mais nous ne sommes pas des oiseaux. — Les ailes peuvent nous pousser, répliquai-je. — Comment cela? — Vivez seulement, et vous le saurez. Il y a des sentimens qui nous soulèvent de terre. N’ayez pas peur, les ailes vous viendront. ”
Ennemonde Diard, Coups d'ailes. De l'oiseau à l'avion… (1930)
“ Ne deviniez-vous pas, sur les routes du ciel, ces groupes gracieux et fragiles de pigeons, volant aile à aile, aspirant l''s distances, bravant les embûches et la fatigue, leur petite tête tournée vers le sud, en direction du nid ? Allaient-ils arriver d'un trait, ayant d'une envolée magnifique, franchi la rude étape ? Allaient-ils quelques instants, au hasard des prairies et des champs, reposer leur ailes et faire un repas de sauterelles ? L'attente était longue au pays. Tout était prêt : la couchette, l'eau et les graines... et aussi l'appareil enregistreur î Il faut croire aux miracles. ”
Jules Michelet,
L'oiseau
(1867)
“ Mais, dans leur état de force, elles ne posent guère à terre, vivant comme les nuages, flottant de leurs grandes ailes constamment d'un monde à l'autre, attendant leur aventure, et perçant l'infini du ciel, l'infini des eaux, d'un implac able regard. ”
