Théophile Gautier,
Émaux et camées
“ Le monde est méchant, ma petite:Avec son sourire moqueurIl dit qu'à ton côté palpiteUne montre en place du cœur.—Pourtant ton sein ému s'élèveEt s'abaisse comme la mer,Aux bouillonnements de la sève,Circulant sous ta jeune chair.Le monde est méchant, ma petite:Il dit que tes yeux vifs sont mortsEt se meuvent dans leur orbiteA temps égaux et par ressorts.—Pourtant une larme iriséeTremble à tes cils, mouvant rideau,Comme une perle de roséeQui n'est pas prise au verre d'eau.Le monde est méchant, ma petite:Il dit que tu n'as pas d'esprit,Et que les vers qu'on te réciteSont pour toi comme du sanscrit. ”
