Résumé

Portrait de Claude-Joseph Dorat Claude-Joseph Dorat Oeuvres choisies de J. Dorat, avec une introduction par Alexandre Piedagnel (1888)

Et par Alphonse, Alphonse est éclipsé. N'aimant que lui, la reine l'abandonne. Martyr, le jour, du bonheur de la nuit, Plus il le fonde, et plus il le détruit; Il est l'abeille, et le frelon moissonne. Que fera-t-il? De désirs consumé, Lui faudra-t-il, renfermant son ivresse, Simplifier et borner sa tendresse, Etre odieux, pour être encore aimé?
Vingt autres nuits complètent sa disgrâce. « Quoi! je m'épuise en l'honneur d'un mari! S'écrioit-il; chaque exploit que j'entasse Place une fleur sur le teint de Henri! » De sa colère à peine est-il le maître; Il lutte encor, mais c'est en menaçant.
Source : Gallica

Portrait de Claude-Joseph Dorat Claude-Joseph Dorat Oeuvres choisies de J. Dorat, avec une introduction par Alexandre Piedagnel (1888)

Et sous tes lauriers vient s'ébattre. L'inconstance le suit, des roses à la main; C'est ce démon surtout qu'on préfère à ton âge : Pourquoi non? La beauté doit être un peu volage, Pour l'amour d'elle-même et celui du prochain. Le quatrième est la coquetterie, Non l'art cruel de tourmenter les coeurs, Mais cet heureux secret, cette adroite magie, Qui donne à des refus tout le prix des faveurs. Près d'elle j'aperçois l'ingénieux caprice, Qui veut et ne veut plus, lit et boude à la fois, Fuit, revient, fuit encor, choisit, pleure son choix, Et fait de mille amans le charme et le supplice.
Source : Gallica

Portrait de Claude-Joseph Dorat Claude-Joseph Dorat Oeuvres choisies de J. Dorat, avec une introduction par Alexandre Piedagnel (1888)

Dont ses yeux seuls encore avoient parlé. Qui pourra-t-il choisir pour interprète? Pour le servir, comment tromper Henri? Un roi n'est pas comme un autre mari. Alphonse voit l'Infante et tous ses charmes, Qui malgré lui vont être abandonnés, Languir, sécher, expirer dans les larmes, Et qu'Amour fît pour être moissonnés. « Dieu tout-puissant, dit-il avec tendresse, Quoi! nul amant, quoi! nul baiser humain Ne rougira les lis de son beau sein, N'entr'ouvrira sa bouche enchanteresse ! Nul plus hardi n'égarera sa main, Et ne pourra mourir de son ivresse ! Non, non, je jure... »
Source : Gallica

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