Ferdinand Dugué,
Le Vol des heures, poésies, par Ferdinand Dugué…
(1839)
“ Je suis triste de voir ma volage pensée Errer comme une feuille à tous les vents bercée, Je songe amèrement que pour moi chaque jour, Naît un nouveau désir, naît un nouvel amour, Et que tous mes parfums veulent chacun un vase Et que tous mes autels chancelent par la base ! Le soir, l'Esprit du rêve à mes côtés s'endort, Et, fuyant loin du monde avec ses ailes d'or, 72 LE VOL DES HEURES. Je sillonne un chaos où tout flotte, où tout passe,. Où je vois des soleils qui dévorent l'espace, Où des anges, penchés à la cîme des monts, Laissent tomber de là des pleurs sur les démons !... ”
