Résumé

Portrait de Montesquieu Montesquieu Œuvres complètes de Montesquieu

Ce n’est point de sa part un manége trompeur ;
Non : l’art ne peut entrer dans cette âme sincère :
Mais Camille, écoutant l’amour et la pudeur,
Voudrait m’être à la fois indulgente et sévère.
Qu’espérez-vous, dit-elle, au-dessus de mon cœur ?
Ne vous suffit-il pas, ingrat, que je vous aime ?
Tu devrais, dis-je, encor te permettre une erreur,
Une erreur de l’amour, qu’excuse l’amour même.
Camille ! si jamais je cessais de t’aimer,
Si pour d’autres attraits je pouvais m’enflammer,
Que ce jour soit pour moi le dernier de ma vie !
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Nerva adopta Trajan, prince le plus accompli dont l’histoire ait jamais parlé. Ce fut un bonheur d’être né sous son règne : il n’y en eut point de si heureux ni de si glorieux pour le peuple romain. Grand homme d’État, grand capitaine, ayant un cœur bon, qui le portait au bien, un esprit éclairé, qui lui montrait le meilleur, une âme noble, grande, belle, avec toutes les vertus, n’étant extrême sur aucune, enfin, l’homme le plus propre à honorer la nature humaine et représenter la divine.
Il exécuta le projet de César et fit avec succès la guerre aux Parthes.
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Ce fut uniquement la grandeur de la République qui fit le mal, et qui changea en guerres civiles les tumultes populaires. Il fallait bien qu’il y eût à Rome des divisions, et ces guerriers si fiers, si audacieux, si terribles au-dehors, ne pouvaient pas être bien modérés au-dedans. Demander, dans un État libre, des gens hardis dans la guerre et timides dans la paix, c’est vouloir des choses impossibles, et, pour règle générale, toutes les fois qu’on verra tout le monde tranquille dans un État qui se donne le nom de république, on peut être assuré que la liberté n’y est pas.
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