Résumé

Portrait de Gabriel Bonnot de Mably Gabriel Bonnot de Mably Collection complète des oeuvres de l'Abbé de Mably…

Un moins grand homme que Thémistocle se seroit contenté de pourvoir à la défense d’Athènes; ses fortifications, son port, ses arsenaux, ses vivres l’auroient entièrement occupé. Lui, au contraire, toujours plein des principes qui font la force d’une république fédérative, regarda la Grèce comme le boulevart des Athéniens. Si elle est subjuguée, il sent qu’Athènes seule ne subsistera pas. En paroissant sacrifier sa patrie, il la sert utilement, parce qu’il met les Grecs en état de se défendre, et que s’ils ne succombent pas, Athènes victorieuse sera couverte de gloire.
Source : Gutenberg

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L’habitude d’avoir de bonnes mœurs fit succéder à leur ruine une hypocrisie qui les imitoit. Vicieux chez soi, on empruntoit en public le masque de la vertu. Avant que la multitude conçut le dessein de dépouiller les riches, il falloit qu’elle eût secoué l’espèce d’étonnement et d’admiration que leurs richesses lui inspiroient. L’ambition ne devoit point être la première passion des riches. Il est un certain ordre dans les passions, et la monstrueuse avidité des grands à piller également la république, ses ennemis et ses alliés, les préparoit aux voluptés et non pas à la tyrannie.
Source : Gutenberg

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Faut-il lui prodiguer des éloges, parce qu’il n’a pas eu la brutalité absurde de quelques conquérans, qui ont cru que ce n’étoit pas régner que de ne pas faire taire toutes les lois en leur présence? Cette sagesse qu’on veut admirer dans Alexandre, est commune; et les Barbares, qui ont envahi l’empire romain, l’ont eue. Alexandre, toujours pressé de faire de nouvelles conquêtes, n’avoit pas eu le temps de faire des lois. Pourquoi auroit-il détruit les monumens de la gloire ou de la vanité des peuples? C’eût été avilir la réputation des vaincus, et ternir la gloire de ses triomphes.
Source : Gutenberg

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