“ À cette nouvelle, ils prennent la même route, et nous nous rencontrons sous le portique du temple. Leur abord nous déconcerta. Lycas querellait déjà Lycurgue au sujet de notre fuite, mais une réponse fière et menaçante lui ferma bientôt la bouche. Fort de l’appui de Lycurgue, j’élève la voix à mon tour ; je reproche hautement à Lycas les assauts scandaleux livrés à ma pudeur par sa lubricité, tantôt chez lui, tantôt chez Lycurgue. ”
Lycurgue
Définition et enjeux
Lycurgue, orateur et homme politique athénien du IVe siècle av. J.-C., incarne une figure essentielle dans la redéfinition de la démocratie athénienne après la défaite de Chéronée face à la Macédoine. Réputé pour son intégrité et son action administrative, il modernise les finances publiques, restaure les infrastructures et encourage une réforme du canon tragique.
Plutarque souligne sa douceur et sa constance, tandis que Petrone le place dans un contexte narratif où son autorité est soumise à l’épreuve. Paul Gagnol, quant à lui, critique les idéalisations de son système politique, mettant en évidence les tensions entre ses réformes et les lois naturelles. Cette synthèse révèle une figure complexe, à la fois réformateur et symbole d’un athénianisme résistant.
Citations sur “Lycurgue”
Paul Gagnol, Histoire ancienne : temps préhistoriques… (1904)
“ L'œuvre de Lycurgue. — La constitution de Lycurgue a été l'objet de jugements bien divers. Déjà, dans l'antiquité, Aristote en avait fait une critique aussi violente qu'autorisée; des études récentes, patientes et approfondies, ont prouvé qu'il y avait bien à rabattre des éloges hyperboliques décernés à Sparte par ses admirateurs. Rien n'est durable de ce qui est contre nature : or Lycurgue, en sacrifiant tout à l'État, en voulant à tout prix n'avoir dans sa cité que des corps sains et robustes, des âmes guerrières, fit violence aux lois de l'humanité. ”
Plutarque,
Vies des hommes illustres
“ Comme il demeurait sans cesse auprès de Lycurgue, et qu’il observait chaque jour, dans ce commerce, sa douceur, sa bonté, sa vie austère, sa constance infatigable dans les travaux, il conçut pour lui une extrême affection, et il disait à ses connaissances et à ses amis que Lycurgue, loin d’être dur et fier, était l’homme le plus traitable et le plus doux. ”
Denis Diderot,
Supplément aux Oeuvres de Diderot…
(1819)
“ Cela me semble de grand goût ; c'est un magnifique tableau dans un petit espace. Mais le Lycurgue est manqué : c'est une figure campée , une jambe en avant et l'autre en arrière. Cette action de montrer du doigt son œil crevé, fût-elle de l'histoire,, n'en serait ni moins petite ni moins puérile. Un homme comme Lycurgue , qui sait se posséder dans un pareil instant, s'arrête tout court, laisse tomber ses bras, a les deux jambes parallèles, et se laisse voir plutôt qu'il ne se montre ; toute action plus marquée serait fausse et mesquine. Je suis fâché de ce défaut, qui gâte un très-beau dessin. ”
Plutarque,
Vies des hommes illustres
“ Il avait gagné les devants, et il s’était réfugié dans un temple, sans qu’on eût pu l’atteindre. Un jeune homme, nommé Alcandre, de bonne nature au demeurant, mais vif et emporté, s’obstina à sa poursuite, et, comme Lycurgue se tournait vers lui, le frappa de son bâton, et lui creva un œil. Lycurgue ne se laisse point abattre à ce coup : il se présente aux citoyens tête levée, et il leur montre son visage tout sanglant et son œil crevé. ”
Alphonse Esquiros,
Histoire des martyrs de la liberté…
(1851)
“ La multitude indignée remet entre les mains de Lycurgue le jeune aristocrate qui tremblait. Lycurgue sut se venger de son ennemi. Il le traita si bien, avec tant de douceur et de bonté, qu'il le ramena bientôt à sa doctrine. *~ Cette institution (le repas public) exerça sur les mœurs des Spartiates, si nous en croyons les anciens, une influence heureuse : participant tous à la même nourriture, aux mêmes discours, buvant pour ainsi dire à la même coupe , les citoyens faisaient réellement un peuple de frères. ”
“ Bientôt son caprice pour moi devint une véritable persécution ; mais mon cœur brûlait pour Tryphène, et je fermais l’oreille aux propositions de Lycas. Le refus irritant ses désirs, il me suivait partout. Une nuit, il pénètre dans ma chambre ; se voyant rebuté, il passe des prières à la violence : mes cris furent si aigus, qu’ils réveillèrent les valets ; et, grâce au secours de Lycurgue, j’échappai sain et sauf aux attaques de ce brutal. Voyant que la maison de Lycurgue opposait trop d’obstacles à ses desseins, Lycas voulut m’attirer chez lui. ”
Plutarque,
Vies des hommes illustres
“ Lycurgue se vengea en faisant, d’un jeune homme colère et opiniâtre, un homme plein de sagesse et de modération. Lycurgue bâtit, en mémoire de cet accident, un temple à Minerve Optilétide, comme il appela la déesse, parce que les Doriens de ce pays-là donnent aux yeux le nom d’optiles [22] . Quelques-uns pourtant, entre autres Dioscoride [23] qui a fait un traité sur la république des Lacédémoniens, disent que Lycurgue fut blessé, mais qu’il ne perdit point l’œil, et que ce fut même en reconnaissance de sa guérison qu’il éleva le temple à la déesse. ”
“ Lycurgue, persuadé par mon discours, jura de nous défendre envers et contre tous. Ce ne fut qu’au réveil de Tryphène et de Doris qu’on s’aperçut de notre disparition. Chaque matin, nous assistions galamment à la toilette de ces dames, et notre absence inattendue devait sembler étrange. Aussitôt Lycas met ses gens en campagne ; les recherches se dirigent surtout vers la côte : on apprend notre tournée sur le tillac du navire ; mais du vol point de nouvelles, car la poupe tournait le dos au rivage, et le pilote était encore à terre. ”
Auguste Lepage, Les dîners artistiques et littéraires de Paris (1884)
“ C'est un trompe-l'œil tout simplement, et si les infortunés qui vivaient sous la législation féroce de Lycurgue avaient eu, au lieu du fameux brouet dont ils se nourrissaient, les plats variés et les vins généreux des Spartiates d'aujourd'hui, ils eussent envoyé promener Lycurgue et son code. ”
Claude-Adrien Helvétius,
De l’Esprit
“ Si Lycurgue avoit banni de Sparte une certaine espece de pudeur, et si les filles, en présence de tout un peuple, y luttoient nues avec les jeunes Lacédémoniens, c’est que Lycurgue vouloit que les meres, rendues plus forte par de semblables exercices, donnassent à l’état des enfants plus robustes. Il savoit que, si l’habitude de voir des femmes nues émoussoit le desir d’en connoître les beautés cachées, ce desir ne pouvoir pas s’éteindre, sur-tout dans un pays où les maris n’obtenoient qu’en secret et furtivement les faveurs de leurs épouses. ”
François-Auguste Fauveau de Frénilly, Sur le mode et la durée du renouvellement de la Chambre des Députés… (1824)
“ Si Lycurgue saisissait un pareil état, et que la bonté du ciel le lui eût plié d'avance sous douze années de despotisme, toutes ses lois tendraient plus ou moins lentement dans leur action , mais immédiatement dans leurs principes, à brider cet effrénement général. Il mettrait ses lois , non en harmonie, mais en contraste avec les moeurs; il ne regarderait pas de telles moeurs comme la constitution , mais comme la maladie de l'état ; et là où il verrait l'intrigue , l'agitation , et l'ambition partout, il chercherait à jeter partout le repos, le sommeil et la durée. ”
Dupuis et Cotonet, Revue des Deux Mondes
“ Lycurgue était si fort en peine d’avoir de beaux hommes dans l’armée, qu’il voulut prendre soin des enfans jusque dans le ventre de leurs mères, mettant celles-ci au régime, et leur faisant faire de bonnes courses à pied, promenades et exercices propres à les récomforter ; ceux qui naissaient mal conformés étaient condamnés à périr, et, par amour pour la plastique, on les jetait, dans une serviette, du haut en bas du mont Taygète. ”
“ Lycurgue, qui habitait une ville dont le sol n’était pas souillé par une tourbe d’hommes méprisables, dont le territoire, comme le dit Euripide, aurait suffi à nourrir le double de citoyens, et qui surtout était environnée d’une multitude d’ilotes qu’il ne fallait pas laisser dans l’oisiveté, mais fatiguer et comprimer par un travail continuel ”
Charles Fourier,
Égarement de la raison démontré par les ridicules des sciences incertaines et fragments…
(1847)
“ Lycurgue forme sa nation à tuer les cultivateurs à la chasse par forme de passe-temps, à les égorger en masse quand ils se multiplient trop. Cependant Lycurgue, auteur du code qui protège ces massacres, et les Spartiates qui font ainsi une boucherie de leurs fidèles serviteurs, sont de grands hommes aux yeux des philosophes du XVIIIe siècle, qui prêchent l'égalité. ”
Étienne-Gabriel Arbanère, Analyse de l'histoire asiatique et de l'histoire grecque… (1835)
“ Ses moyens de succès pour leur établissement furent d'abord la sanction religieuse de l'oracle de Delphes; Lycurgue, en homme de génie, en homme digne émule des plus célèbres fondateurs de nations, jugea que le coeur de l'homme serait une terre aride pour le bien, si la rosée du ciel ne la fécondait. ”
C.-Jean Musy, Corrigé des Exercices français sur la syntaxe… (1843)
“ Lycurgue, ce fameux législateur de Lacédémone, voulant faire connaître au peuple grossier qu'il instruisait, quelle était la force d'une bonne éducation, fit amener devant eux un lévrier dont il avait gâté le naturel, et un petit chien qu'il avait dressé à la chasse. ”
“ Mais il est clair que celui qui veut voler doit veiller la nuit, ruser le jour, tendre des pièges, mettre des gens au guet, pour se procurer quelque aubaine. Or, il est évident que Lycurgue voulait rendre les enfants plus adroits à se procurer le nécessaire, plus propres à la guerre, en les dressant à ces manœuvres. ”
Théodore-Henri Barrau, Exercices de composition et de style… (1853)
“ Les envoyés du peuple amènent à Lycurgue AIcandre enchaîné ; paroles de leur chef, effroi et fureur d'Alcandre. Les envoyés se retirent ; Lycurgue fait ôter à Alcandre ses chaînes ; il lui adresse un discours : « Il veut se venger de lui, il veut le punir; mais sa vengeance sera digne de Lycurgue. Il a pitié de sa jeunesse ; il lui pardonne, il n'exige de lui d'autre châtiment que de lui tenir pendant quelque temps fidèle compagnie, d'apprendre à le connaître, et, s'il est possible, à l'aimer. » ”
Henri Delaborde,
Notes et causeries sur l'art et sur les artistes
(1881)
“ Il arrivait des bords de l'Eurotas, où, sur remplacement de l'Agora ruiné de Sparte, il venait de retrouver, croyait-il, cet autel du Rire, que Lycurgue avait osé élever chez les graves descendants d'Hercule. Voilà de ces chances qui n'arrivent qu'aux poëtes! ”
Abrégé du cours d'études composé pour les élèves de la congrégation de Notre-Dame… (1869)
“ Lycurgue, au 9e siècle, lui donna des lois réputées chez les anciens les plus sages et les plus propres à former un peuple guerrier. Les Spartiates n'admettaient point la magnificence dans les monuments, leurs lois s'y opposaient; quelques temples cependant s'élevaient dans leur ville, entre autres ceux de Diane et de Lycurgue. Au 3e siècle, Sparte fut prise par Antigono Doson, roi de Macédoine. Parmi les grands hommes auxquels cette ville a donné naissance, on peut citer, outre Lycurgue, Léonidas, Pausanias, Lysandre (e s.) ”
Antoine Madrolle, Manifeste de l'Église romaine dans le monde politique… (1845)
“ « Lycurgue ayant été élu roi dans la ville de Sparte, la reine, femme du défunt, se sentant enceinte, lui fit dire que s'il voulait se conserver la couronne de Sparte, cela se pouvait faire avec un breuvage. Lycurgue répondit sagement que, si elle enfantait d'un mâle, il serait temps d'y mettre ordre après son accouchement ; ce qu'étant arrivé, il le prit entre ses bras et dit aux assistans : Voici un Roi qui nous vient de naître.» ”
“ La campagne nous sera plus propice : allons voir nos amis. La nécessité me forçait d’opiner du bonnet et de dissimuler mon dépit. Ayant donc chargé Giton de notre bagage, nous sortons de la ville pour nous rendre au château de Lycurgue, chevalier romain. Ascylte ayant eu jadis des bontés pour lui, il nous reçut à bras ouverts, et la compagnie qui se trouvait réunie chez lui rendit notre séjour fort agréable. Tout d’abord il y avait là Tryphène, une fort belle femme qui avait été amenée par Lycas, armateur et propriétaire de domaines sur la côte. ”
Alfred de Musset,
Contes
(1854)
“ Les riches gardèrent donc leur or, et en purent jouer aux osselets. Afin de rendre la tempérance et la sobriété recommandables, Lycurgue voulut qu'on dînât en public, comme du temps de la terreur. Un bâtiment fut construit tout exprès, crainte de la pluie et des mouches; là, chaque citoyen, tous les mois, était tenu d'envoyer ses provisions, non pas en chevreuils ou homards, ni poissons frais de chez madame Beauvais, mais en farine, fromage, carottes, vin du cru, et deux livres et demie de figues. ”
Auguste Bouché-Leclercq,
Histoire de la divination dans l'antiquité…
(1879-1882)
“ Lycurgue , sur la biographie duquel , de l' aveu de Plutarque lui-même 1 , on ne possède pas un détail authentique , tient de si près au mythe qu' on a pu voir en lui soit une personnification de l' autorité sacerdotale , soit même un décalque humain du type d' Apollon C' est de Delphes que Lycurgue rapporte les preuves de sa mission et la garantie solennelle donnée à ses lois par la parole du dieu ; c' est là que la Pythie lui décerne comme une apothéose anticipée 3 , là qu' il retourne pour mourir 4 . ”
Henri-François d' Aguesseau, Discours de M. le chancelier d'Aguesseau… (1822)
“ Lycurgue seul a entrepris de former des hommes capables d'obéir a de saintes lois ; rien de plus aisé, eu un sens, que de faire des. lois parfaites , mais rien de plus difficile que de les faire pratiquer; il faut pour cela travailler sur l'homme même, et graver les lois dans son coeur beaucoup plus que sur le marbre et sur le bronze : ce fut là le grand objet que Lycurgue se proposa dans l'éducation de ses citoyens, et dans les principes généraux qu'il établit sur les moeurs. On y découvre quatre caractères éclatans, qui DE THÉSÉE , DE ROMULUS , etc. ”
Plutarque,
Vies des hommes illustres
“ Lycurgue, qui habitait une ville que n’encombrait point une tourbe d’étrangers ; qui disposait d’un grand territoire, et suffisant non-seulement aux besoins d’un grand peuple, mais qui en eût nourri plus de deux fois autant, comme s’exprime Euripide [45] ”
Louis Noirot,
La callipédie contemporaine, ou L'art d'avoir des enfants sains de corps et d'esprit…
(1869)
“ A Sparte, une loi de Lycurgue enjoignait aux femmes grosses de mettre des vêtements assez larges pour ne porter aucune atteinte à l'objet précieux dont la nature les avait rendues momentanément dépositaires. ”
Thomas Brunton, Chronologie universelle depuis la création jusqu'à l'ère vulgaire… (1872)
“ Lycurgue, fils d'Ennomus, succéda et ne régna que 8 mois ; il fit déclarer roi Charilaus. 870 3784 La ville de Tyr vit monter sur le trône le célèbre Pigmalion, frère de Didon, dont le règne fut de 47 ans. 869 3785 Phidon, tyran d'Argos, invente les poids et les mesures, et il est le premier des Grecs qui fit battre monnaie dans l'île d'Egine. 869 3785 La vertu et l'action héroïque de Lycurgue lui suscitèrent des ennemis; ils assurèrent que Lycurgue attentait à la vie du roi. Ce sage prince, fatigué par tant de fausses imputations, prit le parti de voyager. ”
Homère,
Les Auteurs grecs expliqués d'après une méthode nouvelle par deux traductions françaises…
(1845)
“ Lycurgue tna Aréithoüs, et y réussit par la ruse et non par la force, eu l'attaquant dans un étroit sentier, où sa massue de fer ne put pas le soustraire à la mort. Lycurgue le prévint et lui perça le corps de sa lance. Le héros tomba sur le sol à la renverse. Son ennemi le dépouilla de ses armes, que lui avait données Mars couvert d'airain; et, dans la suite, iljes porta toujours dans les combats de Mars. Mais lorsque Lycurgue eut vieilli dans son palais, il donna la massue à Ereuthalion, son serviteur bien-aimé. Quand Ereuthalion eut ses armes, il provoqua tous les plus braves. ”
Claude-Adrien Helvétius,
De l’Esprit
(1758)
“ Mais , pour l'établir, il falloir que Lycurgue, convaincu que le plaisir est le moteur unique & universel des hommes , eut senti que les femmes , qui, par-tout ailleurs, sembloient, comme les fleurs d'un beau jardin , n'être faites que pour l'ornement de la terre & le plaisir des yeux, pouvoient être employées à un plus noble usage ”
Jules Cauvière, Le Lien conjugal et le divorce… (1890)
“ Lycurgue, 15. A en croire Plutarque, c'était un moyen inventé pour guérir les Spartiates de la jalousie. D'autres disent que Lycurgue voulait assurer ainsi la propagation et la beauté de la race. Consultez, sur ce point, Polybe, XII, 6. Nicolas de Damas, De moribus gentium, Lacedxmonii, 114, t. III, p. 458. — V. encore l'anecdote rapportée par Strabon, VI, 3, 3. — Nous ne citons pas le cas de la mère de Démarate (Hérod., VI, 68) ; rien ne dit ici que le mari ait donné son consentement. ”
“ Encolpe et Ascylte (après la querelle qu’ils ont eue au sujet de Giton, au chapitre X, et dans laquelle ils se sont dit toutes leurs vérités, et se sont traités réciproquement d’infâmes débauchés, d’assassins et de coupe-jarrets) se rendent en pèlerinage au château de Lycurgue, où ils trouvent bonne compagnie (c’est-à-dire une compagnie digne d’eux) Lycas qui, selon les apparences, y avait aussi peu affaire que la coquette Tryphène. ”
Le Nouvel-Émile ou L'éducation-pratique… (1770-1775)
“ Soüs s'avança vers la fontaine, & quand toute l'armée fut desaltérée, il prit un peu d'eau dans le creux de sa main, s'en arrosa le visage, & n'en but pas une goute. Quelle force sur soi-même ! heureux ce Roi, s'il n'eût profité de cette subtilité, pour retenir-aux Clitoriens des terres qu'il avait promis avec serment de leur rendre ! Le second trait est de Lycurgue même. Son frère, roi de Sparte, étant mort, Lycurgue fut déclaré roi : la Veuve lui fit dire , qu'elle était enceinte, & que, s'il voulait l'épouser (comme les loix d'alors le permettaient) elle ferait périr son fruit. ”
