Résumé

Le Nouvel-Émile ou L'éducation-pratique… (1770-1775)

Soyons hommes, Roger : aimons ce sexe enchanteur comme il convient de l'aimer, sans nous abaisser tandis que nous sommes amans ; sans le négliger, lorsque nous sommes époux. Voyez Desirée telle qu'elle est : n'allez pas vous la représenter comme une divinité sans défaut, pour rabattre dans la suite de cette haute opinion : Desirée est comme le reste des jeunes-personnes de son sexe : elle a dans son coeur le germe de toutes les bonnes qualités qui peuvent faire votre félicité, & celui de tous les vices qui peuvent vous rendre malheureux.
Source : Gallica

Le Nouvel-Émile ou L'éducation-pratique… (1770-1775)

Dorlisse n'avait ni épée, ni galon, ni même un habit noir : il n'était pas Gentilhomme ; il n'était pas opulent, & ne vouloit point de la livrée du deuil au jour de sa félicité. A l'approche de l'heureux instant qui va l'unir pour toujours à celle qu'il adore, son émotion redouble : il ne voit rien, n'entend rien ; à peine il peut se soutenir : cependant il prononce fermement la promesse irréfragable ; Rose ne demanda pas à ses parens une permission qu'ils avaient donnée ; elle dit oui tout uniment, assez haut pour être entendue, assez bas, pour la modestie.
Source : Gallica

Le Nouvel-Émile ou L'éducation-pratique… (1770-1775)

Au bout d'un moment, il lève les yeux de nouveau ; une taille finie, les plus beaux cheveux du monde le frappent & l'intéressent. Il double le pas, comme par instinct ; Eugénie, la jeune soeur de Rose, qui l'avait aperçu, se retourne, & le fait remarquer à la mère & à sa soeur. Dorlisse reconnaît alors mademoiselle Pombelin ; les yeux de cette belle personne rencontrent les siens, avant qu'il les eût bailles ; il rougit prodigieusement, n'ose les saluer, ralentit sa marche & soupire ; à peine il ose regarder de loin la maîtresse de son coeur qui s'éloignait.
Source : Gallica

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